AA / Moscou
L’opération militaire menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran constitue « un acte flagrant et sans précédent qui aura des conséquences de grande portée » pour le régime de non-prolifération, a déclaré lundi l’envoyé spécial russe Andrey Belousov.
S’exprimant dans un entretien accordé à l’agence d’État russe RIA, Andrey Belousov a indiqué que la délégation russe prévoit de soulever la question lors de la conférence sur le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), qui s’ouvre lundi à New York.
« Une opération militaire menée par un État doté de l’arme nucléaire, conjointement avec et dans l’intérêt d’un État qui ignore ostensiblement le TNP, et réalisée en contournant le Conseil de sécurité des Nations unies, seule instance internationale reconnue habilitée à prendre de telles décisions, constitue en soi un acte flagrant et sans précédent », a-t-il souligné.
Il a averti que cela aurait « des conséquences de grande portée tant pour la coopération dans le cadre du TNP que pour les relations internationales dans leur ensemble ».
« Le bombardement des installations nucléaires iraniennes a gravement porté atteinte à l’autorité de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et à son système de garanties, qui figurent parmi les principaux piliers de l’ensemble de l’architecture d’accords incarnée par le TNP », a-t-il ajouté.
Selon lui, les États-Unis et Israël ont également violé le « droit inaliénable » de l’Iran à développer l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.
« Le simple fait d’évoquer ces trois aspects suffit à saisir l’ampleur de ce qu’Israël et les États-Unis ont fait. Nous espérons que lors du prochain forum, une évaluation appropriée sera faite des actions agressives et, à tous égards, irresponsables du “duo” israélo-américain », a-t-il déclaré.
Les tensions régionales se sont intensifiées depuis le lancement par les États-Unis et Israël d’une offensive conjointe contre l’Iran le 28 février, qui a fait plus de 3.300 morts.
Téhéran a riposté par des frappes de drones et de missiles visant Israël et des pays arabes accueillant des installations américaines.
Washington et Téhéran ont tenu des discussions il y a deux semaines dans la capitale pakistanaise, Islamabad, sans parvenir à un accord pour mettre fin au conflit.
Ces négociations sont intervenues après un cessez-le-feu de deux semaines négocié par le Pakistan le 8 avril, ensuite prolongé par le président américain Donald Trump.
Alors que des efforts sont en cours pour organiser un nouveau cycle de pourparlers, les points de blocage porteraient notamment sur le détroit d’Ormuz, le blocus américain des ports iraniens et l’uranium enrichi de l’Iran.
* Traduit de l'anglais par Serap Dogansoy