Laith Al-jnaidi
12 Juillet 2021•Mise à jour: 12 Juillet 2021
AA / Amman / Laith Al-Jnaidi
La Cour de sûreté de l'État jordanienne a condamné, lundi, à une peine de 15 ans de prison les principaux accusés dans l`affaire dite de "la sédition". Il s`agit de l`ancien chef de la Cour royale, Bassem Awadallah, et du membre de la famille royale, Sharif Abdel Rahman Hassan bin Zaid.
Ce verdict a été prononcé lors d'une audience publique, présidée par le juge militaire, Mowaffaq Al-Masaeed, selon ce qu'a rapporté le correspondant de l'Agence Anadolu.
Le juge a décrit ce qui s'est passé comme un "projet criminel visant le régime en place".
Le tribunal a déclaré les accusés coupables du "délit d'incitation à la contestation du régime politique du Royaume" et du "délit de commission d'actes mettant en danger la sûreté et la sécurité de la société et provoquant une sédition."
D'autre part, Sharif Hassan bin Zaid est accusé de possession d'une "substance narcotique" (avec l'intention de consommer).
Le jugement peut faire l'objet d'un appel devant la Cour de cassation, qui est la plus haute autorité judiciaire du pays, dans un délai d'un mois à compter de la date du prononcé du verdict à l'encontre des accusés.
Les médias américains avaient précédemment annoncé que l'Arabie saoudite avait tenté de faire pression sur la Jordanie pour qu'elle libère Awadallah, en dépêchant plusieurs de ses représentants à Amman, mais qu'elle n'y était pas parvenue.
Awadallah est détenteur des nationalités jordanienne, saoudienne et américaine.
Il a occupé de nombreux postes importants, notamment ceux de ministre de la planification et de la coopération internationale (2001-2005), puis de ministre des finances et de chef de la cour royale (2007-2008), d'envoyé spécial du roi Abdallah II en Arabie saoudite, puis de conseiller du prince héritier saoudien, le prince Mohammed bin Salman.
Le 3 avril, les autorités jordaniennes ont annoncé l'arrestation d'Awadallah, de Bin Zaid et de 16 autres prévenus, pour des "raisons de sécurité", dont les détails n'ont pas été précisés.
Le 22 du même mois, le ministère public a décidé de libérer 16 détenus, suite à une directive du roi du pays, mais la décision a exclu Awadallah et Bin Zaid, en raison de leurs rôles différents et distincts, des faits qui leur sont attribués, ainsi que du degré d'incitation qui diffère du reste des accusés qui ont été libérés.
Amman a annoncé, le 4 avril dernier, que des "enquêtes préliminaires" ont révélé l'implication du prince Hamzah, 41 ans, demi-frère du roi Abdallah II, avec des "parties étrangères" dans des "tentatives de déstabilisation de la sécurité du pays" et de "mobilisation des citoyens contre l'État." Ce qu'a démenti le prince Hamzah, l'ancien prince héritier.
Le prince Hassan, oncle du roi, est intervenu pour contenir le conflit au sein de la famille hachémite, ce qui signifie que le prince Hamzah ne sera pas poursuivi. Cette démarche a abouti à la signature par ce dernier d'une lettre par laquelle il déclarait son allégeance au roi Abdallah II.
*Traduit de l’Arabe par Mourad Belhaj