Mona Saanouni
10 Août 2020•Mise à jour: 11 Août 2020
AA / Jordanie
Les autorités jordaniennes ont libéré, dimanche soir, le correspondant de l'Agence Anadolu, Laith al-Jnaidi, quelques heures après son arrestation alors qu'il couvrait un sit-in des enseignants dans la province d'Irbid, dans le nord du royaume.
Notre correspondant a rapporté, dès sa libération, qu'il avait été agressé, traité de manière inappropriée et détenu pendant plusieurs heures, bien qu'il ait présenté sa carte de journaliste de l'Agence Anadolu et de l'agence et la carte d'accréditation de l'Autorité jordanienne des médias.
Il a ajouté que le service de sécurité préventive lui avait présenté ses excuses pour ce qui s'était passé et lui avait dit que c'était une erreur involontaire. Il a noté que les autorités lui avaient rendu son téléphone personnel et lui ont assuré qu'ils rendront son appareil photo dès qu'ils le retrouvent.
Notre correspondant a souligné que sa libération avait été rendue possible grâce à l'intervention de nombreuses parties, notamment l'ambassade de Turquie, le Syndicat des journalistes et le Centre pour la protection des journalistes, après que l'information ait été diffusée sur les réseaux sociaux.
Dimanche, des centaines d'enseignants jordaniens ont participé à un sit-in dans la ville d'Irbid (centre de la province), au cours duquel ils ont appelé les autorités à annuler les récentes décisions prises contre leur syndicat et à libérer les membres arrêtés de son conseil.
Mercredi dernier, le parquet a décidé de renvoyer l'affaire des enseignants devant les tribunaux.
Les 13 membres du Syndicat des enseignants ont été arrêtés le 25 juillet, sur décision du procureur général, coïncidant avec une autre décision du procureur général de suspendre les travaux du syndicat et de fermer son siège pendant deux ans.
Le parquet a annoncé, dans un communiqué, que les enquêtes menées auprès des membres du syndicat comportent des accusations de «transgressions financières» et de «mesures d'incitation», ce que les accusés nient catégoriquement.
48 heures avant ces décisions, environ 2000 enseignants ont manifesté près du siège de leur syndicat dans la capitale Amman, appelant le gouvernement à respecter un accord signé entre le syndicat et le gouvernement, en octobre 2019, concernant l'approbation d'une prime sur leurs salaires.
Dimanche, un tribunal jordanien a décidé d'interdire la publication dans les affaires liées au Syndicat des enseignants, selon l'agence jordanienne (Petran Officiel).
Le Syndicat des enseignants jordaniens a été créé en 2011 et représente environ 140 000 enseignants adhérents.