Muhammet Tarhan
29 Octobre 2020•Mise à jour: 29 Octobre 2020
AA / Ankara / Muhammet Tarhan
Le ministre des Affaires étrangères de la Turquie a partagé mercredi sur le réseau social « Twitter », un communiqué de l'ancien Président français Jacques Chirac, le chef de la Diplomatie turque accompagnant la publication du commentaire « Il était une fois la France ».
Dans le message partagé par Mevlüt Çavuşoğlu et qui fut adressé le 8 février 2006 par le regretté Président français à ses concitoyens, Jacques Chirac soulignait l'importance de ne pas "blesser les convictions d'autrui, en particulier les convictions religieuses", tout autant que la liberté de la presse.
Le défunt Président français soulignant la liberté d'expression, rappelle néanmoins des principes de bases applicables à tous :
"Sur la question des caricatures et des réactions qu'elles provoquent dans le monde musulman, je rappelle que si la liberté d'expression est un des fondements de la République, celle-ci repose également sur les valeurs de tolérance et de respect de toutes les croyances", soulignait Jacques Chirac qui invitait notamment ses concitoyens au respect des croyances religieuses de tous :
"Tout ce qui peut blesser les convictions d'autrui, en particulier les convictions religieuses, doit être évité".
Jacques Chirac a appelé enfin ses concitoyens à faire preuve d'esprit de responsabilité :
"La liberté d'expression doit s'exercer dans un esprit de responsabilité. Je condamne toutes les provocations manifestes, susceptibles d'attiser dangereusement les passions.
Dans un nouvel épisode de la récente crise diplomatique entre la France et la Turquie, le ministère turc des Affaires étrangères a convoqué mercredi le chargé d'affaires de la France à Ankara.
Le chef de la Diplomatie turque a exprimé sa ferme condamnation de la caricature offensante publiée à la Une du magazine français "Charlie Hebdo" mettant en scène le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan.
Des caricatures blasphématoires, et injurieuses envers le prophète Mohamed ont été affichées, au cours des jours passés, sur les façades de certains monuments de France.
Le 21 octobre, l'actuel Président français, Emmanuel Macron, avait souligné son attachement à ce qu'il qualifie de "liberté d'expression". Il avait déclaré aux médias que "la France n'abandonnerait pas les caricatures (insultant l'Islam et le prophète Mohamed)".
Outre l'émoi suscité par les dessins jugés insultants par les Musulmans du monde, la décision du Président français avait déclenché une vague de colère dans le monde musulman.
* Traduit du turc par Ümit Dönmez