Sahin Demir
19 Mai 2026•Mise à jour: 19 Mai 2026
Le président iranien Massoud Pezeshkian a défendu lundi les négociations avec les États-Unis, affirmant que l'Iran subissait de graves pressions économiques et ne pouvait se permettre de rester dans une confrontation permanente.
« Ils ont bloqué la route, et nous n'exportons plus de pétrole non plus », a déclaré Pezeshkian lors d'une réunion, selon l'agence de presse semi-officielle iranienne ISNA.
« Nous ne pouvons pas exporter du pétrole facilement », a-t-il ajouté.
Le président a également répondu aux critiques des opposants aux négociations.
« Ils scandent que nous ne devrions pas négocier. Si nous ne négocions pas, que devons-nous faire ? Nous battre indéfiniment ? », a-t-il déclaré.
Pezeshkian a également affirmé que l'Iran poursuivrait les pourparlers « avec dignité », tout en défendant les droits du peuple iranien.
Il a reconnu des difficultés économiques plus générales, indiquant que le recouvrement des impôts était devenu plus difficile et que de nombreuses entreprises rencontraient des problèmes.
« Nous ne pouvons pas dire que nous n'avons aucun problème », a-t-il déclaré, ajoutant que des éléments des infrastructures gazières, électriques et industrielles iraniennes avaient également été endommagés pendant le conflit.
Par ailleurs, Pezeshkian a déclaré sur le réseau social américain X que les négociations ne signifiaient pas « capitulation ».
« La République islamique d'Iran entame les négociations avec dignité et autorité, tout en préservant les droits de la nation, et ne renoncera jamais aux droits légitimes du peuple et du pays », a-t-il affirmé.
« Nous servirons le peuple et protégerons les intérêts et la dignité de l'Iran jusqu'au bout, avec logique et de toutes nos forces », a-t-il ajouté.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a indiqué lundi matin que les pourparlers avec les États-Unis se poursuivaient sous la médiation pakistanaise.
Les tensions régionales se sont exacerbées depuis les frappes américaines et israéliennes contre l'Iran en février. Téhéran a riposté par des frappes visant Israël et les alliés des États-Unis dans le Golfe, ainsi que par la fermeture du détroit d'Ormuz.
Un cessez-le-feu est entré en vigueur le 8 avril grâce à la médiation pakistanaise, mais les négociations menées ultérieurement à Islamabad n'ont pas permis de parvenir à un accord durable. Le président américain Donald Trump a par la suite prolongé la trêve indéfiniment.
*Traduit de l’anglais par Ayse Bashoruz