Rabia Iclal Turan
05 Août 2026•Mise à jour: 05 Août 2026
L’administration Trump a révoqué le visa de l’ambassadrice du Brésil aux États-Unis, Maria Luiza Ribeiro Viotti, en réponse au refus de Brasilia d’accorder des visas à deux diplomates américains et au retard pris dans l’approbation du candidat désigné par Washington au poste d’ambassadeur, a déclaré mardi à Anadolu un porte-parole du département d’État.
« Il s’agit d’une mesure de réciprocité. Si l’ambassadrice quitte le pays, elle devra présenter une nouvelle demande de visa », a indiqué le porte-parole sous couvert d’anonymat.
« Nous avons communiqué de manière continue avec le gouvernement brésilien pendant plusieurs semaines et lui avons donné toutes les possibilités de prendre la décision appropriée, mais il n’a cessé de retarder le processus et d’entretenir l’ambiguïté », a-t-il ajouté.
Le porte-parole a précisé que l’annulation du visa ne constituait pas une déclaration de l’ambassadrice comme « persona non grata », tout en indiquant que Washington pourrait prendre des mesures supplémentaires.
« Il ne s’agit pas d’une déclaration de persona non grata, mais d’autres options diplomatiques restent sur la table si le gouvernement brésilien continue de retarder ou refuse de donner son agrément », a-t-il déclaré.
L’agrément désigne l’accord officiel par lequel un État accepte la nomination d’un ambassadeur étranger avant son entrée en fonctions.
« Le président Donald Trump a le droit de déterminer qui représente le peuple et les intérêts américains dans le monde. [...] Nous rejetons toute tentative de pays étrangers d’interférer dans nos procédures internes », a poursuivi le porte-parole.
Ce différend fait suite à la décision du Brésil, le mois dernier, de refuser des visas au secrétaire d’État adjoint chargé de la démocratie, des droits humains et du travail, Riley Barnes, ainsi qu’au sous-secrétaire d’État adjoint Samuel Samson. Brasilia redoutait que les deux responsables ne cherchent à intervenir dans l’élection présidentielle brésilienne d’octobre.
Washington rejette cette accusation et affirme que les deux responsables prévoyaient de discuter de l’intégrité électorale, de la liberté religieuse et de la liberté d’expression avec des responsables brésiliens et des représentants de la société civile.
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva doit affronter le sénateur Flavio Bolsonaro, fils aîné de l’ancien président Jair Bolsonaro, lors de l’élection prévue le 4 octobre.
Les autorités brésiliennes n’ont pas réagi dans l’immédiat à la décision de l’administration Trump.
* Traduit de l'anglais par Serap Dogansoy