Abdel Ra'ouf Daoud Abdel Ra'uof Arnaout
13 Juillet 2018•Mise à jour: 13 Juillet 2018
AA / Jérusalem / Abdel Raouf Arnaout
L'Union européenne (UE) a rejeté les accusations du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'ingérence dans la législation israélienne.
"La manière dont Israël choisit de se définir est une question interne et nous respectons le débat interne en cours", a déclaré la délégation de l'UE à Tel-Aviv.
Dans son communiqué relayé par le journal israélien "Haaretz", vendredi, la délégation européenne a souligné que "la démocratie et l'égalité, y compris l'égalité des droits pour les minorités, étaient les valeurs fondamentales qui définissent [nos] sociétés".
En plus de réitérer l’attachement européen à la protection de ces valeurs, le communiqué précise qu’en traitant avec Israël, l’UE n’utilise pas le langage de l’humiliation et qu’elle n’interfère pas dans le processus législatif israélien.
Le cabinet du Premier ministre israélien a déclaré jeudi que Netanyahu "a demandé au directeur général du ministère des Affaires étrangères de convoquer et de réprimander l'ambassadeur de l'Union européenne en Israël".
"Non seulement l’UE finance des organisations à but non-lucratif qui luttent contre l’Etat israélien et financent des constructions palestiniennes illégales, mais elle s’implique maintenant dans les législations du pays", a asséné le communiqué, ajoutant que "l’UE n’a apparemment pas compris qu’Israël est un état souverain".
La Knesset israélienne est en ébullition en raison du débat sur le projet de loi sur l’Etat juif. Selon plusieurs médias israéliens, Netanyahu multiplie les pressions pour pousser les législateurs à adopter ce texte de loi nationaliste la semaine prochaine.
Initié par le parti Likoud que dirige Netanyahu, le projet de loi stipule que "la terre d'Israël est la patrie historique du peuple juif, sur laquelle a été établi l'Etat d'Israël, l'État-nation du peuple juif, dans lequel il applique son droit naturel et l'autodétermination culturelle et historique".
Le texte du projet de loi définit l'hébreu comme étant la langue officielle exclusive de l'État d’Israël et retire à la langue arabe son statut de langue d’Etat.