Esma Ben Said
15 Mars 2018•Mise à jour: 15 Mars 2018
AA/France/Fawzia Azzouz
Le président français Emmanuel Macron a mis en cause Moscou dans l'empoisonnement de l'ex-espion russe Sergueï Skripalet et annoncera des sanctions dans les prochains jours, d'après une information révélée jeudi par les médias français.
Après un entretien téléphonique entre la première ministre britannique Theresa May et le président français Emmanuel Macron, l'Elysée a fait savoir que les positions françaises étaient en adéquation avec celles de Londres.
"La France partage le constat du Royaume Uni qu'il n'y a pas d'autre explication plausible et exprime à nouveau sa solidarité à l'égard de son alliée" explique jeudi l'Elysée dans un communiqué cité par BFMTV.
Mercredi, Theresa May avait affirmé que l'ex-espion russe Sergueï Skripal et sa fille avaient été empoisonnés avec une substance extrêmement dangereuse et élaborée par la Russie à l'époque soviétique.
Des accusations rejetées par l'ambassade de Russie à Londres, qui a envoyé un mémorandum au ministère britannique des Affaires étrangères, déclarant qu'une enquête conjointe était nécessaire.
Mercredi, la première ministre avait finalement annoncé sa décision d'expulser 23 diplomates russes, estimant qu'ils étaient "coupables" de l'empoisonnement de Skripal. Londres a également décidé de geler les contacts bilatéraux avec Moscou.
De son côté, Emmanuel Macron a déclaré à la presse au cours d'un déplacement en Indre et Loire (centre de la France) "j'annoncerai dans les prochains jours les mesures que nous comptons prendre", précisant que "tout porte à croire que la responsabilité est attribuable à la Russie".
Les autorités britanniques avaient retrouvé Skripal et sa fille inconscients, sur un banc public, dans le centre de Salisbury (sud de Londre). Les deux restent dans un état critique, mais stable, selon les informations officielles.
L'ancien agent russe avait dévoilé l'identité de dizaines d’espions russes aux services de renseignement britanniques, avant qu’il ne soit arrêté à Moscou, en 2004.
Il a été condamné, au bout de deux années, à une peine de 13 ans de prison, puis a obtenu le droit d’asile au Royaume-Uni, en 2010, en contrepartie du rapatriement d’espions russes.