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02 Mars 2024•Mise à jour: 02 Mars 2024
AA/Tunis/Nadia Chahed
« La crise humanitaire à Gaza crée des situations indéfendables et injustifiables dont les Israéliens sont comptables », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Stéphane Séjourné, dans une interview au quotidien "Le Monde".
Dans un entretien au « Monde », le nouveau chef de la diplomatie française estime que « la France doit être du bon côté de l’histoire » concernant la guerre en Ukraine et réclame un cessez-le-feu « durable » dans l’enclave palestinienne.
Interrogé sur le "drame de ces derniers jours dans la bande de Gaza", Séjourné a souligné que "la crise humanitaire à Gaza est catastrophique depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Et cela crée des situations indéfendables et injustifiables dont les Israéliens sont comptables; il faut qu’Israël l’entende".
"Nos efforts auprès des autorités israéliennes pour augmenter le nombre de points de passage et de camions humanitaires n’ont pas été satisfaits. La famine ajoute à l’horreur. Les gens attaquent le peu de convois qui passent ; les responsabilités sur le blocage de l’aide sont clairement israéliennes. Comme nous avons été très clairs après les attaques du 7 octobre [2023] pour rappeler le droit d’Israël à se défendre, on doit être clair sur les dérives dans Gaza", a-t-il ajouté.
S'agissant du rôle joué par les Etats-Unis et l'Europe pour peser sur Israël, le chef de la Diplomatie française a indiqué : "les Etats-Unis déploient une force diplomatique irréprochable. Nous travaillons ensemble à chercher des solutions, à créer des coalitions avec les pays arabes modérés. Dans plusieurs semaines ou plusieurs mois, nous pourrons proposer un débouché politique, et pas seulement sécuritaire. Le contexte électoral américain pèse sur la situation et l’inflexibilité du gouvernement israélien est sans doute liée aussi à ces échéances américaines".
Pour ce qui est des leviers dont dispose la France, Séjourné a déclaré "Il ne faut pas penser que la France toute seule aura un impact sur le Proche-Orient. Chacun a son levier. La diplomatie française le dit pour la première fois : la reconnaissance de l’Etat palestinien est un élément du processus de paix qu’il faut utiliser au bon moment. Ce bon moment s’évaluera le moment donné".