Ekip
10 Janvier 2023•Mise à jour: 10 Janvier 2023
AA / Genève / Peter Kenny
Le Haut-commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU a condamné, ce mardi, l'exécution de manifestants en Iran et a appelé Téhéran à imposer immédiatement un moratoire sur la peine de mort.
"L’utilisation des procédures pénales comme une arme pour punir les personnes qui exercent leurs droits fondamentaux - comme celles qui participent ou organisent des manifestations - équivaut à un meurtre sanctionné par l'État", a déclaré le Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Türk, ajoutant que les exécutions violaient les lois internationales sur les droits humains.
L'Iran a exécuté deux hommes, dans la journée du samedi, qui étaient accusés de la mort d'un agent des forces de l’ordre, lors de manifestations antigouvernementales du mois de novembre dernier.
Mohammad Al Nsour, le chef du Bureau des droits de l'homme pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, a déclaré que le bureau dispose d'informations selon lesquelles deux autres exécutions seraient imminentes - celle de Mohammad Boroughani, 19 ans, et de Mohammad Ghobadiou, 22 ans.
Al Nsour a déclaré que des manifestations de masse contre les exécutions avaient eu lieu en Iran.
Le Haut-commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU a déclaré que le gouvernement iranien servirait mieux les intérêts de son peuple en écoutant ses griefs et en entreprenant les réformes juridiques et politiques nécessaires pour garantir le respect de la diversité d'opinion.
L'Iran doit respecter "la liberté d'expression et de réunion, ainsi que le plein respect et la protection des droits des femmes dans tous les domaines de la vie", a ajouté Türk.
Les autorités iraniennes ont détenu des milliers de personnes depuis le début des manifestations nationales, en septembre dernier, à la suite du décès de Mahsa Amini, une jeune femme de 22 ans, arrêtée par la police des mœurs iranienne pour avoir prétendument enfreint le code vestimentaire impose aux femmes iraniennes.
Au moins 517 manifestants, dont des dizaines d'enfants, avaient été tués et plus de 19 200 personnes avaient été arrêtées, selon l’organisation Human Rights Activists in Iran, une organisation non-gouvernementale qui surveille de près les troubles dans le pays.
Les autorités iraniennes n'ont, à ce jour, fourni aucun décompte officiel des personnes tuées ou détenues.
"L'Iran doit prendre des mesures sincères pour se lancer dans les réformes requises et exigées par son propre peuple pour le respect et la protection de ses droits humains", a déclaré Volker Türk.
* Traduit de l’Anglais par Mounir Bennour.