Amir Latif Arain
02 Mai 2026•Mise à jour: 02 Mai 2026
AA / Karachi, Pakistan / Aamir Latif
Le Pakistan a accusé les forces frontalières afghanes d’avoir ciblé des civils lors d’une nouvelle vague d’affrontements à la frontière. Selon Islamabad, ces violences ont fait au moins neuf morts et 15 blessés au cours des deux derniers jours, a indiqué tard vendredi le ministre pakistanais de l’Information.
Dans un message publié sur la plateforme américaine X, Attaullah Tarar a précisé que les victimes incluent des femmes et des enfants. Il a également indiqué que 12 autres personnes avaient été blessées jeudi en raison du « ciblage non provoqué et criminel de civils » par les forces frontalières afghanes dans le district tribal de Bajaur, situé dans le nord-ouest du pays.
Il a ajouté que vendredi, trois civils qui jouaient au cricket ont été blessés à la suite d’une attaque de quadricoptère qualifiée de « flagrante et honteuse », attribuée à « Fitna Al Khwarij ».
Islamabad désigne les militants du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), opposés à l’État pakistanais, sous l’appellation « Fitna Al Khwarij », un groupe que les autorités pakistanaises affirment être soutenu par Kaboul.
De son côté, Kaboul n’a pas réagi immédiatement à ces accusations, qu’il a par le passé rejetées, niant tout soutien au TTP.
Plus tôt cette semaine, l’Afghanistan avait affirmé qu’au moins quatre civils avaient été tués et 70 autres blessés, dont 30 étudiants, lors d’une attaque de missiles présumée menée par le Pakistan dans la province de Kunar, au nord-est.
Selon Kaboul, des habitations ainsi que l’Université Sayed Jamaluddin Afghani ont été touchées par cette frappe aérienne présumée.
En réponse, Attaullah Tarar a rejeté ces accusations, les qualifiant de « frivoles », affirmant que le Pakistan ne cible que des repaires terroristes et des infrastructures de soutien, « en veillant scrupuleusement à éviter toute atteinte aux civils ».
Les affirmations des deux parties n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.
Le Pakistan et l’Afghanistan ont connu en mars certains des affrontements frontaliers les plus violents, faisant des centaines de morts parmi les civils et les combattants des deux côtés de la frontière.
Ces affrontements ont cessé après qu’un cessez-le-feu a été conclu entre Kaboul et Islamabad à la veille de l’Aïd al-Fitr, l’une des principales fêtes musulmanes, le 18 mars, à la suite de demandes formulées par la Türkiye, l’Arabie saoudite et le Qatar.
Par la suite, des responsables pakistanais et afghans ont tenu des discussions d’une semaine, sous médiation chinoise, dans la ville d’Urumqi, au nord-ouest de la Chine.
Pékin a indiqué que les deux pays étaient convenus de « discuter d’un plan global pour résoudre les questions » affectant leurs relations.
* Traduit de l'anglais par Adama Bamba