Hatem Kattou
29 Mai 2017•Mise à jour: 29 Mai 2017
AA / Alger / Karim Kebir
Djamel Alilat, journaliste exerçant au quotidien algérien d'expression française El Watan, (le plus grand tirage de la presse francophone) a été arrêté dans la nuit de dimanche à lundi à El Hoceima, région du Rif, Nord du Maroc, indique lundi le journal sur son site internet.
«Les forces de sécurité marocaines ont interpellé, hier dimanche, vers 22h00, le journaliste d’El Watan Djamel Alilat alors qu’il couvrait les manifestations dans la région du Rif (Nord du Maroc)», écrit le journal.
«Notre journaliste se trouve, à l’heure où nous mettons en ligne (lundi matin, ndlr) dans un commissariat de la ville de Nador », précise la même source.
Dans un communiqué, la direction du journal El Watan s’est dite « très étonnée et très préoccupée par cette interpellation et demande la libération de notre journaliste ».
Selon son frère, Farid, journaliste à "Jeune Afrique", Djamel Alilat «devrait être expulsé du Maroc incessamment », écrit-il sur sa page facebook.
Djamel Alilat s’est rendu au Maroc pour couvrir les manifestations qui secouent la ville d’El Hoceima où la mort tragique en octobre 2016 d'un vendeur de poisson, broyé dans une benne à ordures, avait provoqué la colère et l'indignation de la population locale. Depuis, celle-ci ne cesse de réclamer le développement de sa région.
Cette interpellation intervient dans un contexte de tension entre l’Algérie et le Maroc né suite à un incident diplomatique survenu, il y a une dizaine de jours, lors de la tenue d’un séminaire organisé par le Comité spécial de décolonisation de l’ONU dans les Caraïbes, Rabat protestant contre Alger au sujet d’une prétendue agression dont aurait été victime un de ses diplomates tandis qu’Alger dénonçait le « harcèlement » dont aurait été victime sa diplomate de la part de la délégation marocaine.
L’un et l’autre a demandé à son voisin de « présenter des excuses ».