AA - Bruxelles - Bilal Muftuoglu
Le gouvernement de coalition centre-droite en Belgique envisage de retirer la nationalité belge à ses ressortissants condamnés pour terrorisme.
Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Didier Reynders s'est exprimé sur RTBF pour annoncer que la mesure antiterroriste envisagée par le gouvernement concernera les titulaires de la double nationalité.
''La volonté est d'aller vers la deuxième ou la troisième génération parce que c'est là que la question se pose'', a affirmé Reynders.
D'autre part, selon les partis de l'opposition et les organisations de défense des droits de l'homme, la mesure en question serait discriminatoire et rendrait certains membres de la deuxième génération ou la troisième génération à nationalité unique apatrides.
Député fédéral du Parti Groen (Verts) Stefaan Van Hecke a indiqué de son côté: ''Cela va trop loin, car il s'agit de personnes qui sont nées en Belgique et qui vivent ici. Tout cela est aussi en partie de notre responsabilité''.
''La déchéance de nationalité, cela a toujours été une arme utilisée par les régimes extrêmes. Quand on voit Auschwitz, quand on voit que dans l'Allemagne hitlérienne, les premières lois qui ont été votées, concernaient la déchéance de nationalité pour les Juifs'', avait déclaré la semaine dernière Rudi Vervoort, le ministre-président du gouvernement régional de Bruxelles.
Vervoort avait par ailleurs demandé une analyse détaillée des facteurs sociaux-économiques incitant un nombre relativement élevé de jeunes à rejoindre les combats en Syrie depuis la Belgique.
D'après le Centre d'études international sur la radicalisation et la violence politique (ICSR), 300 personnes auraient quitté la Belgique dans les deux dernières années jusqu'en décembre 2014 pour rejoindre les combats en Syrie.
Ce chiffre fait de la Belgique un des pays les plus affectés en Europe occidentale par le phénomène des combattants étrangers, avec un ratio de 27 combattants par million d'habitants.