Selen Temizer
16 Mars 2018•Mise à jour: 16 Mars 2018
AA/ Astana/ Selen Temizer
Mevlüt Cavusoglu, ministre turc des Affaires étrangères, a déclaré, vendredi, avoir discuté avec ses homologues russe et iranien du drame humanitaire qui se déroule dans la Ghouta orientale, assiégée par le Régime d’al-Assad et bombardée intensément et sans relâche.
Soulignant la nécessité de ne pas prendre pour cible les civils sous prétexte d'éliminer les terroristes, le ministre a affirmé qu’il demeure indispensable d'élaborer une stratégie spécifique pour faire la distinction entre les deux parties.
Cavusoglu s’exprimait lors d’une conférence de presse conjointe animée avec ses homologues russe, Sergueï Lavrov, et iranien, Mohammad Javad Zarif, tenue à la capitale du Kazakhstan, en marge de la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays garants du processus d’Astana.
Aux yeux de Cavusoglu, la situation humanitaire dans la Ghouta orientale a atteint le niveau d’un drame humanitaire. "Nous avons discuté de l’amélioration de la situation provoquée par le Régime dans la Ghouta orientale. Nous avons, également, affirmé la nécessité de distinguer les terroristes des civils", a-t-il déclaré.
Le chef de la diplomatie turque, a appelé à ne pas mettre sur un pied d’égalité les organisations terroristes et l’opposition modérée, soulignant qu’il demeure indispensable de faire la distinction entre les deux.
Selon lui, l’établissement d'un cessez-le-feu dans la Ghouta orientale par le Régime syrien était urgent.
"Aux yeux de la Turquie, il est inacceptable de prendre pour cible les civils sous prétexte de lutter contre le terrorisme", a précisé Cavusoglu.
"Nous sommes déterminés à déployer tous les efforts nécessaires pour éviter la répétition du scénario ayant eu lieu à Alep dans la Ghouta orientale", a-t-il affirmé.
"Neutraliser les civils est d’importance capitale (...) Attaquer la délégation de la Russie ou de n’importe quel pays, par les terroristes, est inacceptable. Cependant, bombarder les civils dans la Ghouta orientale et y tuer des femmes et des enfants dans le but d’éliminer les terroristes ne représente, en aucun cas, une stratégie adéquate", a expliqué Cavusoglu.
"Nous apprécions les efforts consentis par la Russie dans le domaine d’aides humanitaires. Cependant, nous devons souligner que ces efforts ne sont pas suffisants. Nous devons être plus fermes quant à l’acheminement de l’aide, dans les plus brefs délais, vers toutes les zones assiégées, sans distinction", a souligné le ministre turc.
Le chef de la diplomatie turque a exprimé sa gratitude quant à la tenue d’une réunion, jeudi, du Groupe de travail sur les détenus, opérant au sujet de libération des détenus, de livraison des dépouilles et de recherches des personnes portées disparues.
Il a ajouté qu’il serait bénéfique de lancer, le plus rapidement possible, les travaux du comité chargé de la rédaction de la Constitution, déterminé au cours du Congrès national syrien tenu à la ville russe de Sotchi. Il a également indiqué que les trois pays garants œuvreront en vue de faciliter l’opération.
Selon Cavusoglu, la prochaine réunion des dirigeants des pays garants du processus d’Astana devrait avoir lieu à Istanbul à la date du 4 avril prochain.