Ayşe Yıldız,Ayvaz Çolakoğlu
05 Juin 2018•Mise à jour: 06 Juin 2018
AA - Antalya (Turquie) - Ayvaz Colakoglu
Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu a assuré que, dans le cadre de l'accord signé avec les Etats-Unis, les terroristes du YPG/PKK allaient se retirer de Manbij, dans le Nord-ouest de la Syrie, après avoir rendu les armes.
Cavusoglu s'exprimait, mardi, à l'occasion d'une conférence de presse qu'il a animée dans sa région natale d'Antalya, dans le Sud-ouest de la Turquie.
Le chef de la diplomatie turque a rencontré hier lundi, son homologue américain, Mike Pompeo au siège du Département d'Etat dans la capitale Washington. Une réunion axée sur le retrait des terroristes du YPG/PKK de Manbij qui a abouti à la signature d'une feuille de route comportant les actions communes à mener en Syrie.
L'accord signé entre les deux pays prévoit le retrait du YPG/PKK de Manbij a insisté Cavusoglu avant de préciser, "Les armes du YPG (fournies par les Etats-Unis) seront reprises".
"Cette initiative est importante pour l'avenir de la Syrie autant qu'une occasion de remettre sur les rails nos relations détériorées avec les Etats-Unis. C'est pourquoi, cette feuille de route doit être pleinement appliquée. Les deux parties sont déterminées à le faire" a assuré le ministre turc.
Cavusoglu n'a pas manqué de préciser que l'accord ne se cantonnait pas seulement à Manbij, "Une fois le modèle de Manbij mis en oeuvre, nous le transposerons à d'autres régions occupées par le YPG".
"Nous allons, à présent, appliquer la feuille de route à Manbij et dans les autres villes par la suite. C'est à ce moment que nous nous rendrons compte de l'attitude des Etats-Unis, vont-ils retirer le YPG ? De nombreux Arabes sont présents en leur sein. Nous ne reconnaissons pas les FDS, c'est la même chose que le YPG/PKK" répond Cavusoglu a un journaliste qui l'interrogeait sur le niveau de sincérité des Etats-Unis dans cet accord.
"Les réunions de préparation se dérouleront dans les 10 jours, le processus ne prendra pas 6 mois, peut-être moins de la moitié de ce temps" a t-il complété affirmant que des actions concrètes seront très rapidement entreprises sur le terrain.
"Aucune rôle ne sera attribué à un quelconque pays tiers. Ni la France, ni le Royaume-Uni, ni la Belgique. Il n'y aura pas de pays tiers impliqué" a martelé Cavusolgu.
Concernant l'organisation des forces de sécurité et du personnel de l'administration dans les zones libérées de l'emprise de l'organisation terroriste YPG/PKK, Cavusoglu a déclaré :
"Le YPG/PKK est une organisation terroriste. Nous ne pouvons remettre une ville à des organisations terroristes. Dans les zones à majorité arabe, la sécurité et l'administration seront assurées par des Arabes, dans les zones à majorité kurde, par des Kurdes autres que le YPG/PKK."
"Nous ne tolérerons aucune force de sécurité, structure ou institution qui compte des membres du YPG/PKK en son sein" a t-il insisté.
Pour Cavusoglu cette feuille de route va contribuer à renforcer la stabilité en Syrie.
"Le travail que nous allons entreprendre est complémentaire pour la stabilité de la Syrie. Avec le processus d'Astana nous sommes parvenus à un cessez-le-feu. Le processus de Sotchi est venu renforcer Genève. Alors qu'ici, nous allons libérer une région contrôlée par une organisation terroriste et y instaurer la stabilité" a t-il insisté.
"İci, il sera question d'une coopération entre la Turquie, les Etats-Unis, Bagdad et Erbil. Le PKK est aussi l'ennemi d'Erbil" a t-il souligné.
A propos de l'enquête ouverte par la justice américaine visant l'organisation terroriste FETO aux Etats-Unis, Cavusoglu a précisé, "Nous avons exprimé notre satisfaction et notre volonté de coopérer à ce sujet".