Aynur Ekiz,Tuncay Çakmak
11 Mars 2019•Mise à jour: 12 Mars 2019
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le porte-parole du Parti de la Justice et du Développement (AK Parti), Omer Celik, a fustigé l’administration américaine qui fait usage de menaces et chantages économiques pour forcer la Turquie à annuler son achat à la Russie du système de défense anti-aérienne S-400.
Omer Celik a tenu une conférence de presse, lundi, au siège de l’AK Parti à Ankara, la capitale turque.
Après s’être exprimé sur les questions de politique interne, alors que des élections municipales auront lieu le 31 mars, le porte-parole du parti au pouvoir a répondu aux questions des journalistes relatives aux tensions récentes avec Washington au sujet des S-400.
En effet, plusieurs responsables américains ont récemment mis en garde la Turquie contre d’éventuelles restrictions économiques si Ankara refuse d’annuler l’achat du système de défense russe.
Certains ont même émis la possibilité d’annuler la vente à la Turquie des avions de nouvelle génération F-35, alors que la Turquie est l’un des pays qui produisent cet avion.
"Nous constatons que les déclarations à ce sujet vont au-delà des limites, jusqu'au point de remettre en cause la participation de la Turquie au programme des avions de chasse F-35, une situation qui ne correspond pas aux relations entre pays de l'OTAN. Les différends entre alliés doivent se régler en discutant. De telles menaces n'arriveront pas jusqu'en Turquie, personne en Turquie n'en tiendra compte", a-t-il lancé.
Celik a par ailleurs indiqué que les Etats-Unis, dans un premier temps, avait refusé de vendre à la Turquie son propre système Patriot.
"Ensuite, que ce soit au sujet du transfert des technologies et au niveau du prix, beaucoup trop élevé, l’offre américaine ne répondait pas à nos critères", a-t-il expliqué, rappelant que la défense aérienne est une priorité pour la Turquie.
Le responsable turc a notamment rappelé que d’autres pays avant la Turquie ont acheté les S-400 à la Russie, citant la Biélorussie et la Chine, et que d’autres sont sur le point de le faire, l’Inde et l’Arabie Saoudite.
"Pourquoi concernant ces pays ça ne pose pas de problème, mais quand il s’agit de la Turquie ce n’est pas pareil", a-t-il lancé, soulignant qu’un autre pays de l’OTAN, la Grèce avait acquis le système S-300.
Omer Celik a également voulu réagir à la publication dans une revue égyptienne proche du pouvoir de contenus affirmant que le Président turc Recep Tayyip Erdogan a reconnu ou va bientôt reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.
"Pour ceux qui connaissent la position de notre président sur la Palestine et Jérusalem, ceci est ridicule, mais pour ceux qui font cela, ce n’est qu’un manque de respect. Ce genre de propagandes n’auront pas d’influences sur l’image de notre président dans le monde arabe et islamique", a-t-il déclaré.