Abdel Ra'ouf D. A. R. Arnaout
05 Février 2024•Mise à jour: 06 Février 2024
AA / Jérusalem/ Abdul Rauf Arnaout
Le chef de l'opposition israélienne, Yair Lapid, a annoncé, lundi, qu'il appuyait les efforts visant à évincer le chef du Likoud, Benyamin Netanyahu, de la tête du gouvernement.
C'est ce qui ressort de ses commentaires relatifs à une information de la radio de l'armée israélienne, selon laquelle le chef du Mouvement d'unité nationale, le ministre du Cabinet de guerre Benny Gantz, aurait entrepris des démarches pour évincer Netanyahu.
Lapid a écrit sur la plateforme X que son parti, "Il y a un futur", accordera ses 24 voix à toute initiative de ce type (visant à évincer Netanyahu).
La radio de l'armée avait précédemment révélé que Gantz avait entrepris d'évincer Netanyahu avec le concours de membres du parti du Premier ministre, le Likoud.
Selon la radio, des émissaires de Gantz ont récemment contacté des ministres du Likoud et des députés pour faire avancer l’idée du remplacement de Netanyahu au sein de la Knesset.
Et la radio de l'armée israélienne d'ajouter : "Les membres du Likoud ont été informés que s'ils réussissaient à faire voter une motion de censure constructive contre Netanyahu (à la Knesset), de sorte que le gouvernement ne soit pas renversé, ils verraient leur avenir politique assuré au sein du Parti de l'unité nationale".
L'idée est d'évincer Netanyahu et de le remplacer par un autre candidat issu du Likoud.
La radio précise à cet égard, sans toutefois préciser de noms, que les proches de Gantz ont proposé différents candidats du Likoud pour le poste de premier ministre et n'ont pas exigé que Gantz soit nommé à ce poste.
"L'idée de base est de nommer un candidat convenu pour une période spécifique, qui s'engage à ne pas se présenter à la présidence du Likoud à l'avenir", a indiqué la radio.
Le média a souligné que "Gantz a choisi de ne pas commenter cette information".
Plusieurs appels à la tenue d'élections anticipées ont été lancés ces dernières semaines en Israël, mais Netanyahu a rejeté l'idée d'un scrutin en temps de guerre.
Le Premier ministre israélien fait face à toutes sortes de critiques de la la rue israélienne et d'un certain nombre de politiciens, et même de membres du Cabinet de guerre, avec pour toile de fond la crise des prisonniers israéliens détenus dans la Bande de Gaza et l'impossibilité de trouver une solution qui garantisse leur retour en vie. Il est également accusé par son gouvernement de ne pas avoir été en mesure d'anticiper l'attaque du 7 octobre 2023 et de ne pas avoir su y faire face.
En réponse aux "attaques quotidiennes d'Israël contre le peuple palestinien et ses lieux saints", le mouvement de résistance palestinien, Hamas, a lancé, le 7 octobre, une attaque ciblant des bases militaires et des colonies implantées aux abords de la Bande de Gaza.
L’opération, baptisée "Déluge d’Al-Aqsa", aurait fait des centaines de morts côté israélien, selon Tel-Aviv. Le Hamas a capturé environ 240 personnes, dont plus de 100 ont été échangées dans le cadre d'une trêve avec Israël, qui détient plus de 8.600 Palestiniens.
L'armée israélienne mène une guerre dévastatrice contre la Bande de Gaza depuis le 7 octobre. Selon le dernier bilan publié lundi par les autorités palestiniennes, les attaques israéliennes ont à ce jour fait 27 478 morts et 66 835 blessés, essentiellement des femmes et des enfants, de même qu’elles ont provoqué "des destructions massives et une catastrophe humanitaire sans précédent", selon les Nations Unies.
*Traduit de l’Arabe par Mourad Belhaj