Mona Saanouni
20 Septembre 2017•Mise à jour: 20 Septembre 2017
AA/Riyad
Le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Organisation de la Coopération islamique (OCI) a appelé, mercredi, l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU), dont la 72ème session se tient actuellement à New York, à adopter une résolution onusienne concernant la crise des Rohingyas dans l’Etat d’Arakan (Ouest du Myanmar).
C’est ce qui ressort de la réunion tenue par le groupe de contact du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’OCI pour les musulmans Rohingyas, et ce en marge de la réunion de coordination annuelle tenue à New York et présidée par le Secrétaire général de l’Organisation, Youssef ben Ahmed al-Othaimeen.
L’organisation a appelé le Conseil de Sécurité de l’ONU à prendre des mesures urgentes concernant les violences infligées à la minorité musulmane par l’armée birmane.
L’OCI a également exhorté le gouvernement du Myanmar à accepter la mission d’enquête mandatée par le Conseil des Droits de l’Homme relevant de l’ONU, afin de mener une enquête «globale et indépendante (…) et de traduire les auteurs des violations devant la justice».
L’organisation panislamique a revendiqué un rapport officiel sur le nombre de victimes et des réfugiés à la suite des violences.
L’OCI a exprimé sa forte préoccupation « à l’égard des actes de barbarie systématiques commis contre la minorité Rohingyas, qui relèvent du nettoyage ethnique, vu qu’ils constituent une violation dangereuse et flagrante du Droit international ».
Elle a noté que «plus de 370 mille musulmans Rohingyas ont été contraints à se déplacer au Bangladesh, et que leurs maisons ainsi que leurs lieux de culte ont été incendiés», lors des violences déclenchées depuis le 25 août dernier.
L’organisation a, par ailleurs, incité le gouvernement du Myanmar à tenir ses engagements à l’égard du Droit international et des traités relatifs aux Droits de l’Homme, ainsi qu’à prendre toutes les dispositions nécessaires pour arrêter immédiatement la violence, et à interdire l’usage abusé de la force contre les civils.
Elle a également exhorté le gouvernement birman à mettre un terme « aux distorsions et aux pratiques discriminatoires contre les musulmans Rohingyas, aux tentatives récurrentes d’effacer leur identité islamique, à la destruction les lieux cultes, des institutions et des maisons appartenant à la minorité musulmane ».
L’organisation de la Coopération Islamique a appelé à œuvrer à « trouver une solution équitable et permanente à cette question, à arrêter la construction de nouveaux camps de réfugiés dans le nord de l’Etat d’Arakan, et à prendre des mesures urgentes afin d’assurer le retour permanent des réfugiés ».
Depuis le 25 août, l'armée du Myanmar procède à un génocide contre les musulmans Rohingyas à Arakan, dans le sud-ouest du pays, provoquant une vague de condamnation à travers le monde, en particulier parmi les musulmans.
Depuis cette date, plus de 421 mille musulmans Rohingyas de l'Etat d'Arakan, dans l'ouest du Myanmar, ont fui le pays vers le territoire bangladais, selon des rapports onusiens.