AA / Abderrazek Ben Abdallah
Le ministre tunisien des Affaires étrangères Taieb Baccouche a déclaré jeudi, que «la proposition égyptienne portant sur la création d’une force arabe commune pour lutter contre le terrorisme est irréaliste et inefficace».
Baccouche s’exprimait lors d'une conférence de presse à Alger, tenue conjointement avec son homologue algérien Ramtane Lamamra. Il répondait à une question sur la position de la Tunisie à l’égard de la proposition égyptienne.
«Je ne pense pas que le projet de l’armée arabe est réaliste, viable ou efficace», a dit Baccouhe sans livrer d’autres éclaircissements à ce sujet.
S’agissant de la coopération sécuritaire de lutte antiterroriste entre les pays du voisinage de la Libye, le ministre tunisien dit :«Il existe une forte coordination sécuritaire avec l’Algérie et l’Egypte et je me suis entretenu avec mon homologue égyptien, Sameh Chokri, à deux reprises au cours des derniers jours ».
« Il est naturel que des divergences de points de vue existent mais il n’est pas question d’opposition des opinions au sujet des questions de sécurité entre les deux pays [Tunisie et Egypte]», a-t-il encore dit.
De son côté, le ministre algérien a fait observer qu’une « coordination sécuritaire étroite a été mise en place entre l’Algérie et l’Egypte concernant les questions de terrorisme dès lors que l’Algérie est chargée du volet sécuritaire entre les pays limitrophes de la Libye».
«Une rencontre a eu lieu au Caire depuis plusieurs jours à ce sujet entre le ministre égyptien des Affaires étrangères et le ministre algérien délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines Abdelkader M’sahel ainsi qu'entre les services de renseignement des deux pays dans le cadre de la coordination sécuritaire permanente», a précisé Ramtane.
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi avait appelé le mois dernier à créer une force arabe commune pour lutter contre le «terrorisme».
Sur un autre plan, Taieb Baccouche a affirmé que «la solution de la crise en Libye passe par le dialogue, dès lors que la violence aboutit à la destruction et ne tranchera pas la question en faveur d’un des protagonistes».
«L’absence d’Etat en Libye nous responsabilise à l’égard des peuples algérien et tunisien, de même que nous avons une responsabilité morale à l’égard du peuple libyen, dans la mesure où la sécurité de la Libye fait partie intégrante de la sécurité des deux pays et vice-versa », a-t-il lancé.
Le ministre tunisien des Affaires étrangères achève jeudi une visite officielle de deux jours en Algérie.