AA/Bagdad/Ali Jawwad
Le Comité de la sécurité et de la défense du Parlement irakien, a annoncé, mardi, son intention d'ouvrir une enquête sur les causes de la chute de la ville de Ramadi, vendredi dernier, entre les mains de l’EIIL, et sur les raisons de la fuite des troupes de l'armée, de la police fédérale et locale, ainsi que celles des forces antiterroristes.
Le Rapporteur du Comité, Chakhouann Abdallah, a déclaré à Anadolu: «Avant l’effondrement de la situation sécuritaire à Ramadi, nous avons reçu des messages de l’intérieur de la ville indiquant que les unités militaires avaient besoin de renforts. Nous avons immédiatement transmis les doléances au ministre de la Défense, Khalid al-Obeidi, et à celui de l'Intérieur Mohammed Ghabban, sans obtenir la moindre réaction du côté des deux départements».
Un enregistrement vidéo diffusé sur les réseaux sociaux a montré des unités de l’armée irakienne fuyant la ville de Ramadi en direction de la base de Habbaniyah, abandonnant leurs armes et matériel militaire.
Le Rapporteur du Comité de la sécurité et de la défense du Parlement irakien a affirmé: «Aucun renfort n’est parvenu aux unités militaires stationnées à Ramadi, qui manquaient d’armes et d’équipements de combat. C’est pour cela que nous allons enquêter sur cette affaire afin de déterminer les responsabilités».
Le général Kadhem Fahdawi, chef de la police de la province d'al-Anbar, a déclaré pour sa part à Anadolu: «Une fois le contrôle de Ramadi dans ses mains, l'organisation terroriste de l’EIIL a imposé le couvre-feu dans la ville, et empêché des centaines de familles apparentées aux forces de sécurité de sortir de leurs maisons».
Fahdawi a souligné que «l'organisation a ensuite fouillé les maisons des habitants de Ramadi et a exécuté par balles des centaines de membres des forces de sécurité ainsi que leurs familles (dont des enfants, des femmes et des personnes âgées), surtout dans les régions de Abou Alouane, de Jamîa, de Thila, et de Warrar ».
Le général a par ailleurs affirmé : «Les forces de sécurité ont édifié un rempart solide contre les attaques de l’organisation dans la région de Husaybah (7 km à l'est de Ramadi), surtout après l'arrivée dans la zone des renforts de l'armée, de la police fédérale, des forces de réaction rapide et de la lutte contre le terrorisme».
Le général Moussa Kataâ, commandant de la première division de l'armée dans la province d'al-Anbar (Ouest), avait été démis, lundi de ses fonctions, sur ordre du Commandement général des forces armées irakiennes, en raison de sa responsabilité dans la dégradation de la situation sécuritaire dans la province.
L’EIIL a totalement pris le contrôle, dimanche, de la ville de Ramadi, après le retrait des forces policières et militaires irakiennes, selon un responsable du gouvernement irakien.