Adil Essabiti
14 Septembre 2017•Mise à jour: 14 Septembre 2017
AA/Tunis
L’ancien président tunisien, Mohamed Moncef Marzouki, a considéré, jeudi, que l’adoption de la loi sur la réconciliation par le parlement tunisien « ferme la parenthèse de la révolution ».
C’est ce que Marzouki a indiqué, lors d’une conférence de presse au siège de son parti « Harak Tounes El-Irada» (4 députés), dans la capitale Tunis.
Le parlement a adopté, mercredi, avec 117 voix, la loi sur la réconciliation avec près de 1500 fonctionnaires publics, tandis que 9 députés s’y étaient opposés et 1 seul s’est abstenu, sur les 217 que compte le Parlement tunisien.
Marzouki s’est dit surpris par le discours du Premier ministre, Youssef Chahed, qui assure vouloir lutter contre la corruption, tandis que cette loi encourage à la corruption.
L’ancien président a, cependant, salué les jeunes du mouvement « Manich Msemah » (je ne pardonne pas) et les députés qui se sont opposés à cette loi.
Des dizaines de jeunes du mouvement indépendant « Manich Msemah » ont manifesté, hier mercredi devant le siège du parlement, et ont tenté d’y entrer par la force, protestant contre ladite loi.
Marzouki a, d’autre part, commenté la revendication de certains partis tunisiens de reporter les élections municipales, prévues pour le 17 décembre prochain, considérant qu’il « n’y a aucune excuse pour les reporter », ajoutant que la coalition au pouvoir a l’intention de ne pas les réaliser.
La loi sur la réconciliation adoptée comporte 7 articles qui prévoient d’amnistier près de 1500 fonctionnaires publics soupçonnés d’être impliqués dans la corruption financière et d’avoir détourné l’argent public.
Le projet de loi, émis par le président de la République, Beji Caïd Essebsi, en 2015, a été fortement rejeté par la société civile en Tunisie.