Mona Saanouni
03 Novembre 2017•Mise à jour: 04 Novembre 2017
AA/New York/Butul Yourok
La Russie a demandé à la Commission d’enquête internationale sur l’usage d’armes chimiques en Syrie (JIM, Joint Investigative Mechanism), de reconsidérer les résultats de son enquête dans laquelle elle avait accusé le Régime syrien d’usage d’armes chimiques à Khan Cheikhoun, dans la province d’Idleb.
C’est ce qui ressort du projet de résolution émis par la Russie et présenté au Conseil de Sécurité international, jeudi, après son rejet, le 24 octobre dernier, du projet américain prévoyant la prolongation de l’activité de la Commission.
Le projet de résolution a compris des revendications de "prolongation de 6 mois de l’activité de la Commission et de l’envoi d’une équipe le plus tôt possible à Khan Cheikhoun pour enquête en utilisant des moyens nécessaires".
Il a demandé "de déléguer une autre équipe à la base aérienne d’al-Chairat (à Homs) le plus tôt possible pour prouver que le gaz sarin, utilisé dans l’attaque de Khan Cheikhoun, en avril dernier, y était caché".
Le représentant permanent de la Russie auprès des Nations Unies, Vassili Nebenzia, avait indiqué que l’utilisation du veto par son pays n’était pas dans le but de mettre terme à l’activité de la Commission d’enquête conjointe, composée de la délégation onusienne et de l’Organisation pour l'interdiction des armes chimiques.
Il avait exprimé, deux jours après l’utilisation du veto, qu’ils sont prêts au dialogue.
-Projet de résolution américain
Cependant, les Etats-Unis avaient présenté, jeudi dernier, un nouveau projet de résolution contre leur homologue russe, dans lequel ils avaient revendiqué la prolongation de l’activité de la Commission d’enquête pour deux ans supplémentaires.
La Commission d’enquête internationale sur l’usage d’armes chimiques en Syrie (JIM) a été mise en place en 2015, et son activité a été prolongée en 2016, où son mandat expire le 17 novembre courant.
Le Régime syrien et son proche allié, la Russie, avaient nié catégoriquement toute implication dans des attaques chimiques, et avaient critiqué vivement la Commission d’enquête conjointe, mise en place pour déterminer le responsable derrière les attaques chimiques en Syrie.
La JIM avait conclu, en début septembre dernier, dans un résultat préliminaire de l’enquête, que le Régime syrien avait utilisé le gaz sarin dans le massacre de Khan Cheikhoun, contrôlé par l’opposition à Idleb (nord-ouest).
Plus de 100 civils ont été tués dans l’attaque de Khan Cheikhoun, en plus de 500 autres blessés, dont la majorité sont des enfants, au milieu de condamnations internationales.