Servet Günerigök
28 Février 2022•Mise à jour: 28 Février 2022
AA / Washington / Servet Gunerigok
Le Conseil de sécurité de l'ONU a voté, dimanche, en faveur de la convocation, lundi, d'une session extraordinaire de l'Assemblée générale pour discuter de l'action militaire de la Russie en Ukraine.
La résolution appelant à cette exceptionnelle session extraordinaire a été approuvée par 11 pays, la Russie ayant voté contre et trois pays - l'Inde, les Émirats arabes unis et la Chine - s'étant abstenus.
Dans son intervention après la procédure de vote, qui requiert une majorité de neuf membres pour que la résolution soit adoptée, la représentante américaine auprès de l'ONU Linda Thomas-Greenfield a rappelé que le projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, qui aurait condamné l'attaque de Moscou contre l'Ukraine, avait été bloqué vendredi par la Russie.
"La Russie a opposé son veto à la résolution de vendredi. Mais comme je l'ai déjà dit, la Russie ne peut pas opposer son veto à nos voix. La Russie ne peut pas opposer son veto au peuple ukrainien et la Russie ne peut pas opposer son veto à la Charte des Nations unies. La Russie ne peut pas et ne pourra pas opposer son veto à la notion de reddition de comptes", a-t-elle déclaré.
"Aujourd'hui, pour la première fois depuis des décennies, le Conseil de sécurité a fait un pas important vers cette reddition de comptes", a-t-elle ajouté, expliquant que "les membres du Conseil qui ont soutenu cette résolution reconnaissent que ce n'est pas un événement ordinaire."
Le représentant de l'Ukraine auprès de l'ONU, Sergiy Kyslytsya, a exprimé sa gratitude envers les États membres qui ont soutenu la convocation d'une session d'urgence de l'Assemblée générale de l'ONU.
Abordant la menace du président russe Vladimir Poutine d'utiliser des armes nucléaires en Ukraine, le représentant ukrainien a déclaré : "Il est extrêmement alarmant que le président russe ait eu recours aujourd'hui à un chantage nucléaire manifeste. Le monde doit prendre cette menace très au sérieux".
Pour Vassili Nebenzia, représentant de la Russie auprès de l'ONU, la crise actuelle a éclaté parce que les membres de l'ONU "ont fermé les yeux sur les crimes perpétrés par les nationalistes ukrainiens dans le Donbass" et non du fait du lancement de l'opération militaire spéciale russe en Ukraine.
"L'armée russe ne menace pas les civils en Ukraine. Elle ne bombarde pas les infrastructures civiles. Les nationalistes ukrainiens font peser une menace sur les civils et ils les utilisent maintenant comme boucliers humains", a déclaré Nebenzia.
Élaborée par les États-Unis et l'Albanie, la résolution de vendredi visait à ce que la Russie réponde de son agression envers l'Ukraine, réaffirme la souveraineté de ce pays et exige que Moscou retire ses forces.
Le président russe Vladimir Poutine avait annoncé, jeudi, une "opération militaire spéciale" en Ukraine, quelques jours après avoir reconnu deux enclaves séparatistes dans l'est du pays.
Il a affirmé que Moscou n'avait pas l'intention d'occuper son voisin, mais voulait "démilitariser" et "dénazifier" l'Ukraine.
Les puissances occidentales ont riposté en imposant des sanctions financières à Moscou et en annonçant un soutien militaire et humanitaire à Kiev.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj