Porte-parole du Hamas: Notre relation avec Ankara est solide
- Interview avec Sami Abu Zuhri, un des dirigeants du Mouvement de Résistance palestinien, qui a effectué récemment une visite en Turquie.
Hatem Kattou
13 Novembre 2017•Mise à jour: 14 Novembre 2017
IstanbulAA / Istanbul
Sami Abu Zuhri, porte-parole du Mouvement palestinien de résistance islamique (Hamas), a qualifié les relations établies entre Hamas et le gouvernement turc de «solides et fortes».
Dans une interview accordée à Anadolu, à Istanbul, Abu Zuhri a déclaré que "Ce lien solide montre la détermination des dirigeants turcs à soutenir la Cause et les droits des Palestiniens".
"Nous sommes fiers de ces relations empreintes d’une spécificité particulière entre Hamas et les dirigeants turcs", a-t-il dit.
Il a souligné que la Turquie "a fourni de grands efforts pour couronner de succès la réconciliation palestinienne. Les dirigeants turcs étaient tenus informés de tous les détails avant et après que l'accord soit conclu au Caire".
Il a ajouté qu’ "une réunion a eu lieu en Turquie pour tenir informés les dirigeants turcs de ce qui s'est passé au Caire, et qu’ils ont exprimé leur joie du succès de la réconciliation palestinienne."
La Turquie apporte, d’une part, un soutien politique et financier au peuple palestinien et entretient des relations solides avec les dirigeants palestiniens, ainsi qu'avec le Mouvement Hamas.
Elle finance, d’autre part, des projets de services et de développement en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza et offre des bourses régulières aux étudiants palestiniens.
Évoquant la question de la réconciliation palestinienne, le responsable du Hamas a déclaré: "Le Mouvement tient au succès des efforts de la réconciliation, et nous faisons le nécessaire pour la faire réussir, dans le but de mettre fin à la division et pour rétablir l'unité nationale palestinienne".
Il a ajouté: "Le gouvernement de réconciliation nationale (basé à Ramallah et affilié au président palestinien) a pris le contrôle de tous les ministères et des points de passage dans la Bande de Gaza, ainsi que les autorités administratives."
"Le gouvernement est censé assumer pleinement ses missions civiles et est responsable de la Bande de Gaza", a-t-il souligné.
Et Abu Zuhri de lancer : "Hamas n'a plus aucune responsabilité d’un point de vue civil."
Il a appelé les dirigeants palestiniens à lever les prétendues "sanctions" qui avaient déjà été imposées à la Bande de Gaza.
Il a rappelé qu’un des articles de l'Accord de réconciliation prévoit l'envoi d'une délégation de sécurité de la Cisjordanie à Gaza. Cependant, cela n'a pas été fait jusqu'à présent.
"Par conséquent, nous appelons le gouvernement à éviter d’être sélectif et à mettre en œuvre ce qui a été convenu s’agissant de la question de la réconciliation," a souligné Abu Zuhri, ajoutant que : «Nous sommes confiants que ces efforts iront de l'avant. Cependant, le gouvernement en est fortement responsable et doit travailler sur leur mise en œuvre."
Abu Zuhri a confirmé le refus du Hamas de toucher à ses «armes de résistance» : "Ces armes sont liées à l'existence de l'occupation israélienne. Les déclarations de certains responsables de l'Autorité palestinienne selon lesquelles il devrait y avoir une arme unique contredisent l'accord", a-t-il encore dit.
Et Abu Zuhri de poursuivre: "Les armes sont une chose sacrée et unanime nationalement. Nous garderons nos armes jusqu'à ce que l'occupation soit retirée de notre terre palestinienne."
Hamas et Fatah ont signé un accord de réconciliation dans la capitale égyptienne, le Caire au début du mois dernier.
L'accord prévoit la mise en œuvre de mesures permettant au gouvernement de Ramallah (l'Accord national) d'exercer ses fonctions et d'assumer pleinement ses responsabilités dans la gestion des affaires de la Bande de Gaza, ainsi qu'en Cisjordanie à partir de décembre prochain.
L’accord prévoit également une réunion de l’ensemble des factions palestiniennes, le 21 novembre, au Caire. Bien que l’agenda de la réunion n’ait pas été dévoilée, certains observateurs estiment que la réunion devrait discuter des arrangements pour la tenue d'élections législatives et présidentielle et de la restructuration de l'OLP.
Quant au rétablissement des relations du Hamas avec l'Iran, Abu Zuhri a déclaré que "La relation a fait un grand bond. Il existe un intérêt entre les deux parties afin de développer cette relation au service du peuple palestinien et de la Cause palestinienne".
Il a ajouté que "Téhéran déclare ouvertement son soutien à la résistance palestinienne, ce qui est important pour nous dans le Mouvement Hamas ».
Il a poursuivi: "Nos portes s'ouvrent à tous les pays arabes et islamiques et nous frappons à toutes les portes, dès lors que la question palestinienne est une Cause de la Oumma islamique et de la Ligue arabe."
Une délégation dirigée par Saleh al-Arouri, un des dirigeants du Hamas, s'est rendue à Téhéran le 23 octobre et a rencontré de hauts responsables iraniens.
Al-Arouri a déclaré dans un communiqué de presse, que son mouvement "s'engage à maintenir des liens étroits établis avec l'Iran et à garder les armes du Mouvement".
Les relations de l'Iran avec Hamas ont été tendues à la suite du départ de son leader, Khaled Mechaal, de la capitale syrienne de Damas en février 2012, pour résider dans la capitale du Qatar, Doha.
Quant à certains rapports de réunions secrètes entre les dirigeants arabes et les dirigeants israéliens, Abu Zuhri a déclaré: "Cette information est très sérieuse, et nous appelons à mettre fin à ce genre de comportement."
Il a ajouté: "Nous soulignons que la position arabe doit être compatible avec les droits du peuple palestinien, et toute normalisation entre un parti arabe et l'occupation sera au détriment de notre Cause."