Aysu Biçer
29 Septembre 2026•Mise à jour: 29 Septembre 2026
LONDRES (AA)
Le Premier ministre britannique Andy Burnham a déclaré mardi qu’il présenterait au pays différentes options pour définir sa relation à long terme avec l’Union européenne, estimant que le Brexit avait fait « plus de mal que de bien ».
S’exprimant au congrès annuel du Parti travailliste à Liverpool, il a affirmé que le Royaume-Uni ne pourrait disposer de « l’orientation claire dont nous avons besoin pour le reste de ce siècle » sans décider de ses futures relations avec l’UE, qu’il a décrite comme « toujours notre principal marché ».
Le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne en 2020, quatre ans après un référendum lors duquel environ 52 % des votants s’étaient prononcés pour la sortie.
Burnham a indiqué qu’il profiterait de la période entourant un sommet pour présenter les choix qui s’offrent au pays.
« Il existe différentes options et je verrai si nous pouvons parvenir à un consensus autour de l’une d’elles, qui nous donnera une vision claire de notre position et de l’avenir du continent sur lequel nous vivons », a-t-il déclaré.
Le Premier ministre a également annoncé que le prochain programme électoral du Parti travailliste comprendrait un engagement à modifier le système électoral britannique. Il a fait savoir qu’il créait une « nouvelle commission nationale sur la réforme électorale », à laquelle il a invité tous les partis politiques à participer.
« Ces dernières années, vous avez voté à deux reprises en faveur d’une réforme électorale. Je vous ai entendus et je suis d’accord avec vous », a-t-il déclaré.
« Nous aborderons les prochaines élections avec un programme qui s’engagera à changer le système électoral, afin que chaque vote compte et que chaque voix soit entendue », a-t-il ajouté.
« Un prix politique à payer »
Burnham a promis d’engager le Royaume-Uni « sur une nouvelle voie », en présentant des orientations concernant l’eau, le logement, l’énergie et l’éducation.
« Quand nous avançons ensemble, rien ne nous est impossible », a-t-il déclaré. « Aujourd’hui, nous tournons la page d’une décennie de divisions. Nous cessons de faire défiler des publications qui dénigrent sans cesse le Royaume-Uni. Et nous engageons le pays sur une nouvelle voie. »
Il a reconnu qu’il pourrait « en payer le prix politique », mais a estimé que « quelqu’un doit franchir le cap difficile et arracher le pansement ».
Eau : une ouverture à la propriété publique
Le Premier ministre a annoncé que la ministre de l’Environnement, Angela Eagle, présenterait un projet de loi renforcé sur l’eau, comprenant l’abrogation de « l’interdiction idéologique, instaurée par Margaret Thatcher, de la propriété publique des compagnies des eaux ».
« L’eau symbolise ce qui ne va pas au Royaume-Uni », a-t-il affirmé, dénonçant les rejets d’eaux usées, les prix élevés et les problèmes d’infrastructures. Il n’a toutefois annoncé aucun projet de nationalisation d’une compagnie des eaux en particulier.
Logement, énergie et éducation
Burnham a indiqué que le gouvernement pourrait présenter une loi facilitant la reprise de logements aux propriétaires négligents.
Il s’est également engagé à faire baisser les prix de l’énergie et a demandé au ministre chargé de ce secteur d’accélérer les efforts visant à dissocier le prix de l’énergie verte de celui du gaz.
En matière d’éducation, il a promis de « reconstruire un système d’enseignement ouvert à tous dans ce pays, accordant la même valeur aux filières générales et techniques ».
Critiquant les orientations politiques suivies depuis les années 1980, il a déclaré : « Le logement, l’eau, l’énergie, les transports, l’aide aux personnes, les soins de santé : tout a été morcelé et vendu. »
« La droite britannique parle de reprendre le contrôle. Ne la laissez jamais oublier que c’est elle qui l’a abandonné en premier lieu », a-t-il ajouté.
Croissance et règles budgétaires
Burnham a indiqué que sa stratégie économique reposerait sur des nationalisations et une décentralisation accrue. Selon lui, un contrôle renforcé des services essentiels pourrait contribuer à créer des conditions favorables à la croissance des entreprises.
Il a confirmé que le gouvernement respecterait ses règles budgétaires afin de « réduire les emprunts et la dette ».
Le Premier ministre a enfin déclaré que le Parti travailliste maintiendrait son engagement, pris dans son programme pour les élections législatives de 2024, de ne pas procéder à des changements pendant la période actuelle. Des modifications pourraient être envisagées si le parti restait au pouvoir après les élections de 2029.
*Traduit de l'anglais par Serap Dogansoy