Şerife Çetin,Ayşe Betül Gedikoğlu
06 Juillet 2018•Mise à jour: 08 Juillet 2018
AA - Bruxelles
Les relations tendues entre l’Union européenne (UE) et les États-Unis, la décision du gouvernement américain de rompre certains accords de manière unilatérale, ainsi que le climat régnant après la réunion du G7, menacent l’image d’une Alliance «coopérative» lors du prochain sommet de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN).
Le sommet de l'Alliance atlantique se tiendra les 11 et 12 juillet prochain à Bruxelles.
Le président américain Donald Trump avait participé au sommet du G7 le mois dernier où il avait donné son accord au communiqué final. Cependant, il avait ensuite retiré son soutien par un tweet diffusé sur les réseaux sociaux.
Ainsi, la coopération entre l’UE et les États-Unis au sein de l’OTAN risque d’être négativement affectée à cause de «la guerre commerciale» qui s’est vue jaillir ces derniers temps en plus des opinions divergentes concernant l’accord nucléaire iranien, l’accord du climat et la question Israël-Palestine.
Lors d’un entretien accordé à l’Agence Anadolu, le vice-président de German Marshall Fund, Ian Lesser, a souligné que le retrait unilatéral des États-Unis de l’accord nucléaire iranien et l’accord du climat ainsi que les tensions vécues dans le domaines du commerce, auront des effets qui se feront ressentir au niveau de l’OTAN.
Selon Lesser, la dégradation «nette» des relations transatlantiques augmentent le risque que des développements inattendus aient lieu lors du sommet.
L’OTAN et l'UE ont 22 membres communs. C’est pourquoi, il semble inévitable que les tensions créées entres l’UE et les États-Unis aient des effets sur l’OTAN.
Depuis que Trump est arrivé au pouvoir, il appelle les pays alliés à augmenter leurs dépenses dans le domaine de la défense.
Récemment, le président américain avait déclaré: «L'UE a, bien sûr, été créée pour profiter des richesses des États-Unis». Ces déclarations ont été critiqués dans l’ensemble de l’Union.
Par ailleurs, selon des informations qui sont apparues dans les médias européens, Trump a envoyé une lettre comminatoire à neuf alliés de l’OTAN pour leur rappeler leur engagement à propos de l’augmentation de leurs dépenses militaires avant le sommet de Bruxelles.
«Il devient de plus en plus difficile de justifier aux citoyens américains pourquoi certains pays ne partagent pas la sécurité collective de l'OTAN», lit-on dans la lettre du président américain.
À noter que lors du sommet du pays de Galles en 2014, les pays membres de l’OTAN s’étaient engagés à investir 2% de leurs PIB aux dépenses de défense. Pour le moment, huit membres de l’OTAN ont respecté leurs engagements.
Il est estimé que Trump reviendra sur la question des dépenses militaires lors du prochain sommet de l’Alliance à Bruxelles, ce qui risque de provoquer des tensions.
«Les alliés ont commencé à investir davantage dans la défense, a fait remarqué Lesser. Mais de nombreux pays, dont l’Allemagne, n’ont pas réussi à respecter leurs engagements de 2%. Il peut être attendu que le président Trump émette de sévères critiques à ce sujet.»
- Les décisions qui seront prises lors du sommet
Il est estimé que d’importantes décisions soient prises lors du prochain sommet de l’OTAN.
Contrairement au Sommet de l'UE, les communiqués finaux des sommets de l’OTAN sont déterminés suite à des négociations qui durent quelques mois.
Généralement, le jour du sommet, les leaders signent les accords discutés et approuvés préalablement.
Par contre, l’expérience passé lors du sommet du G7 du côté du président Trump pousse à penser qu’un probable renouvellement de cet évènement soit à l’ordre du jour lors du sommet de l’Alliance.
«Généralement les conclusions de l’OTAN sont des déclarations finement travaillées, a ajouté Lesser. Cependant, lorsque nous prenons en considération l’expérience du G7, il est possible de dire que rien n'est sûr.»
- L’importance d’une image de «coopération» au sein de l’OTAN
Pour que l’OTAN puisse préserver son image d' «alliance forte», il est important que les alliés montrent qu’ils coopèrent étroitement.
Après être arrivé au pouvoir, le président américain avait qualifié l’OTAN de «non-nécessaire». Par la suite, il était revenu sur ses paroles, et avait affirmé l’importance de l’OTAN.
Enfin, après le sommet du G7, Trump avait dit: «L’OTAN est une organisation aussi mauvaise que l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA)».
Ces déclarations controversées ont conduit les alliés à questionner l’intérêt porté à l’OTAN par les États-Unis.