Satuk Buğra Kutlugün
01 Octobre 2018•Mise à jour: 01 Octobre 2018
AA/ Deraa
Le régime de Bachar al-Assad interdit depuis dix mois à toute forme d'aide humanitaire d'accéder au camp de réfugiés de Rukban dans le sud du pays, près de la frontière jordanienne.
Les enfants qui tentent de survivre dans le camp – privés d’aide depuis janvier, en dépit des appels de l’ONU - attendent une aide d’urgence pour tenir éloigné le spectre de la mort.
Actuellement, quelque 60 mille civils déplacés vivent dans le camp en plein désert, près de la frontière jordanienne.
Le camp de Rukban est contrôlé par des groupes sous l’emprise de l'armée syrienne libre. Il comprend essentiellement des tentes de fortune et des abris de torchis.
Les civils déplacés qui tentent de survivre dans le camp sont originaires de Deir Ez-Zor, Homs, Raqqa et de certaines régions d’Alep.
Les résidents du camp ont déclaré à l’Agence Anadolu qu’ils avaient reçu l’aide de l’ONU il y a 10 mois, mais qu’ils avaient été «abandonnés» depuis.
Le maire du camp, Mohammad Hiyan, a déclaré à l’Agence Anadolu que le camp aurait dû plutôt être nommé « Camp des oubliés » ou "Camp de la Mort".
"Je suis choqué. L'ONU, les groupes de défense des droits de l’homme, ont totalement oublié cet endroit", a-t-il déclaré.
Hiyan a ajouté: « Les réfugiés du camp de Rukban connaissent des difficultés qu'aucun autre camp n'a traversées ».
"Aucune aide n'est parvenue jusqu’ici en 10 mois. Nous n’avons presque pas de centres de soin. Nous n'avons même pas accès aux analgésiques. Les enfants ne sont pas allés à l'école au cours des 3 dernières années."
Il a déclaré avoir vu "des enfants manger à la poubelle dans la matinée".
De son côté, Muwaffaq Sadun, un civil résidant dans le camp, a déclaré que la population attend une "assistance immédiate".
"Nous ne recevons aucun soin. Il n'y a ni médecin ni médicament", a-t-il déclaré.
Les enfants du camp ont également demandé de l’aide en disant: «Ne nous abandonnez pas dans le désert, Rukban est le camp des morts-vivants».