Esma Ben Said
15 Novembre 2017•Mise à jour: 15 Novembre 2017
AA/Tunis/Bouazza Ben Bouazza
Après des semaines de blocage, l’Assemblée des représentants du peuple (ARP/parlement tunisien) a élu mardi soir le nouveau président de l’Instance supérieure indépendante électorale (ISIE), un scrutin essentiel pour la tenue des élections municipales prévues pour le 25 mars 2018.
Au terme d’une séance plénière tenue à cet effet, le président de l’ARP, Mohamed Ennaceur a annoncé le résultat du vote qui a vu l’avocat Mohamed Tlili Mansri l’emporter avec 115 voix, contre 49 voix pour sa principale concurrente, la juge Najla Brahem.
Cet aboutissement met fin à un long suspens après quatre tentatives vaines d’élire un président de l’instance électorale. Il a fallu un consensus de dernière minute entre les deux grands partis Ennahdha et Nida Tounès, auxquels s’est joint lundi par l’Union patriotique libre (UPL) de l’homme d’affaires Slim Riahi.
Originaire de Sidi Bouzid, Mansri, 43 ans, a déclaré à radio Mosaïque qu’il allait aussitôt s’attaquer aux « dossiers urgents » dont l’élection partielle prévue en Allemagne, la régularisation de la situation des fonctionnaires de l’ISIE et les recrutements nécessaires pour la préparation et l’organisation du scrutin municipal de mars prochain.
Il succède à la tête de cette importante institution à Chafik Sarsar qui avait annoncé avec fracas, en mai dernier, sa démission et celle de deux autres membres de l’ISIE à cause de « différends internes » et « des entraves qui mettent en cause des principes et des valeurs dont les enjeux réels sont beaucoup plus importants ». Certains médias lui attribuent son refus de n’avoir « pas voulu céder aux pressions » sans en préciser les origines.
Reportées déjà à deux reprises en raison essentiellement de tiraillements politiques, les municipales de 2018 sont les premières en Tunisie depuis la révolution de 2011.
Longtemps attendues, elles devraient permettre l’élection de nouveaux conseils municipaux appelés à prendre la place des « délégations spéciales » qui gèrent « provisoirement » les affaires de la cité depuis plusieurs années et mettre fin à l’anarchie qui sévit dans les communes.
A moyen terme, ce scrutin devrait servir aux principaux partis de se positionner sur l’échiquier politique en vue des élections législatives et présidentielle prévues en 2019