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07 Janvier 2022•Mise à jour: 07 Janvier 2022
AA / Khartoum
Un membre du Conseil de souveraineté soudanais, Shams El-Din Kabbashi, a discuté avec un responsable américain des derniers développements de la situation actuelle dans le pays, et des efforts en cours pour les résoudre.
C'est ce qui ressort d'un entretien téléphonique tenu entre Kabbashi et la Secrétaire d'État américaine adjointe aux Affaires africaines, Molly Faye, selon un communiqué publié par les médias du Conseil.
La police soudanaise a annoncé, jeudi, que des dizaines de ses membres ont été blessés et deux citoyens blessés lors de manifestations dans la capitale, Khartoum.
Par ailleurs, le Comité (non gouvernemental) des médecins soudanais a signalé le meurtre de 3 manifestants à Khartoum jeudi. Cela porte à 60 le nombre de manifestants tués depuis le début des mouvements de protestation hostiles à l'armée en octobre dernier.
Le communiqué a également indiqué "que Kabbashi et Faye "ont convenu que les manifestations pacifiques sont un droit, sans toutefois porter atteinte aux biens publics et privés du peuple".
Les deux parties ont ainsi souligné la nécessité de revoir "ces moyens répressifs" et d'ouvrir une enquête sur les abus qui ont suivi ces mouvements de protestation et de poursuivre en justice les responsables.
Selon la même source, les deux responsables ont discuté "de l'évolution globale et de la complexité de la situation actuelle dans le pays, et des efforts en cours pour les résoudre".
Depuis le 25 octobre dernier, le Soudan a été le théâtre de protestations contre les mesures exceptionnelles prises par al-Burhan, dont notamment, la déclaration de l'état d'urgence, la dissolution du Conseil de souveraineté et celui des ministres de transition, après l'arrestation de chefs de partis et de hauts responsables, ce que les mouvements politiques et civils ont considéré comme étant un "coup d'État militaire", une affirmation qui a été démentie par l'armée soudanaise.
Le 2 janvier, Abdullah Hamdouk a annoncé sa démission de la présidence du gouvernement de transition, quelques heures après la mort de trois personnes lors de manifestations, ce qui avait porté le bilan des victimes à 57 morts depuis le début des manifestations, le 25 octobre dernier, selon le comité des médecins du Soudan (non-gouvernemental).
Après la destitution d'Omar el-Bechir de la présidence (1989-2019), le Soudan a entamé, le 21 août 2019, une phase de transition qui devait s'achever par la tenue d'élections, au début de l’année 2024, au cours de laquelle le pouvoir était partagé entre l'armée, les forces civiles et les mouvements armés, qui a signé un accord de paix avec le gouvernement en 2020.
*Traduit de l'arabe par Hajer Cherni