Hafawa Rebhi
11 Novembre 2017•Mise à jour: 11 Novembre 2017
AA / Washington / Atheer Kakan
L’administration américaine a mis en garde vendredi des parties (qu’elle n’a pas nommées) à l'intérieur et à l'extérieur du Liban contre la déstabilisation de ce pays arabe.
Le Liban se trouve sur la corde raide depuis que Saad Hariri a annoncé sa démission, samedi dernier, depuis la capitale saoudienne Riyad. Le Premier ministre libanais a alors justifié sa démission par « la mainmise et la politique du fait accompli de l’Iran et de Hezbollah », et sa décision n’a fait qu’attiser, la tension, déjà forte entre Riyad et Téhéran.
Par ces temps politiques instables, Rex Tillerson, le secrétaire d’Etat américain, a tenu à réitérer « le soutien ferme de son pays à la stabilité, la souveraineté et à l'indépendance de la République du Liban et de ses institutions politiques ».
Dans un communiqué publié vendredi, le chef de la diplomatie américaine a exhorté toutes les parties à l'intérieur et à l'extérieur du Liban à « respecter l'intégrité et l'indépendance des institutions nationales, y compris le Gouvernement libanais et les Forces armées libanaises».
Pour Tillerson, le Liban ne devrait en aucun cas « servir de théâtre à une guerre de procuration entre des forces extérieures ou intérieures », et « seules les forces de sécurité libanaises devraient y régir ».
Ainsi, sans proprement citer Hezbollah, Tillerson a insisté « qu’à part les forces libanaises, aucun pays extérieur, ni aucune milice n’ont de place ou de rôle à jouer au Liban ».
« Nous respectons le Premier ministre libanais Saad Hariri en tant que partenaire fort des Etats-Unis », a-t-il renchéri.
Les rumeurs se sont déchaînées sur le sort de Hariri, qui n’est toujours pas retourné au Liban; d’autant plus que sa démission, lui qui détient la nationalité saoudienne, a coïncidé avec la vague d’arrestations inédite de princes, de politiciens et d’hommes d’affaires saoudiens pour suspicions de corruption.
La démission de Hariri, qui n'a pas été approuvée par le président libanais Michel Aoun, est survenue près d'un an après la prise de ses fonctions au Grand Sérail, à Beyrouth.
Dans le cadre d'une lutte d'influence acharnée, l'Arabie saoudite et d'autres pays arabes et monarchies du Golfe accusent Téhéran de déstabiliser les pays arabes, dont notamment le Liban, l'Irak, le Yémen et la Syrie, à travers des bras pro-iraniens locaux ; accusations que l’Iran a rejeté à plusieurs reprises.