Aynur Ekiz,Tuncay Çakmak
10 Août 2018•Mise à jour: 10 Août 2018
AA - Bayburt (Turquie) - Tuncay Çakmak
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré que la Turquie ne sera pas stoppée sur son chemin par "une guerre économique" basée sur la hausse des devises face à la Livre turque.
Le Chef de l’Etat turc s’est exprimé, vendredi, lors d’une rencontre avec les citoyens à Bayburt, dans le nord de la Turquie.
Le Président Erdogan a d’abord remercié les habitants de Bayburt pour le vote massif en sa faveur lors de l’élection présidentielle du 24 juin dernier : il avait obtenu plus de 82% des suffrages dans cette province, le plus haut score sur le plan national.
Après avoir annoncé un certain nombre de projets que le gouvernement va réaliser pour la province, Erdogan est revenu sur la hausse importante enregistrée ces dernières semaines par les devises étrangères, notamment le dollar américain, face à la monnaie turque.
"Certains pays ont adopté une posture contre la Turquie dans laquelle ils défendent les putschistes, accueillent les terroristes et ignorent le droit et la justice. Les évolutions négatives que rencontre ces derniers temps notre économie sont les conséquences de cette posture", a-t-il expliqué.
"Nous savons ce que nous avons à faire face aux difficultés. Ceux qui se satisfont des fluctuations des devises et des menaces le font en vain. Je m'adresse aux lobbies du taux d'intérêts, ne vous réjouissez pas. Vous ne vous enrichirez pas sur le dos de ce peuple", a-t-il poursuivi.
Le président turc a fortement dénoncé le comportement de certains pays, sans les nommer directement, qui font usage de l’arme monétaire et financière pour déstabiliser la Turquie à travers son économie.
"Ni le dollar ni autre chose ne nous couperont le chemin, ne vous inquiétez pas", a-t-il lancé.
"Ceux qui courent derrière des petits calculs au risque de perdre la Turquie le regretteront demain, soyez-en certains, a-t-il continué. Nous faisons face à des vagues d'instabilité financière alors que nos données macro-économiques tant du point de vue de la production, de l'emploi ou des banques, ne présentent aucune difficulté. Les raisons qui se cachent derrière ces attaques sont toutes autres. Les pays qui agissent ainsi contre nous sont sur le point de causer des dommages irréparables dans nos relations."
Recep Tayyip Erdogan a exprimé la confiance en l’économie du pays. Mais il a surtout rappelé sa totale confiance en ses concitoyens.
"Ce peuple, qui ne fuit pas devant les chars, les avions ou les balles, ne craint pas ce genre de menaces. S'ils pensent le contraire, c'est qu'ils ne connaissent toujours pas ce peuple", a-t-il affirmé.
Et d’ajouter : "J'invite tous ceux qui ont à la maison de l'or, des dollars ou des euros à aller les échanger contre des Livres turques dans nos banques. Il s'agit d'un combat national. Ceci sera notre réponse, la réponse de notre peuple à ceux qui nous ont déclaré une guerre économique."
Le Président turc a insisté sur le fait que l’Etat ne se pliera pas aux menaces et aux chantages de ceux qui ne veulent pas voir la Turquie « voler de ses propres ailes ».
"Nous avons des responsabilités envers Ahmet, Mehmet, Ayşe et Fatma, non envers Georges ou Hans", a-t-il fustigé.
"Nous n'avons aucune animosité particulière contre aucun pays. Nous coopérons avec tous les pays avec qui nos intérêts se croisent et là où nos approches sont différentes, nous discutons pour surmonter les difficultés. Mais si notre souveraineté est menacée alors c'est différent. Sur ce point, nous ne ferons aucune concession", a-t-il néanmoins rappelé.
Pour conclure, le Chef de l’Etat a voulu encore rassuré les citoyens turcs face à cette situation: "Nous avons avancé sur différentes alternatives tant avec l'Iran que la Russie, en passant par la Chine et certains pays européens."