İlkay Guder,Tuncay Çakmak
21 Mai 2017•Mise à jour: 22 Mai 2017
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Président de la République, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré que son parti (AK Parti) et lui ne «dévieront jamais de leur chemin» malgré toutes les tentatives de déstabilisation qui pourront être tentées contre lui.
Dimanche, se réunissait le 3ème Congrès extraordinaire du Parti de la Justice et du Développement.
A l’issue de la journée, Erdogan occupera de nouveau le siège de président du parti qu’il a fondé il y a 16 ans de cela en août 2001.
Dans son discours devant des dizaines de milliers de sympathisants et partisans réunis dans la salle des sports d’Ankara, le Chef de l’Etat est revenu longuement sur le parcours de son mouvement depuis sa création.
"En 15 ans, beaucoup de choses ont changé en Turquie, l'actualité est bien différente. La seule chose qui n'a pas changé, c'est le fait que l'AK Parti est le seul parti qui est capable de répondre aux défis qui se présentent à notre pays. L'AK Parti est le parti de la démocratie, le garant du changement, le parti des réformes", a-t-il affirmé.
"Trois ans plus tôt, j'avais dû quitter le parti pour des raisons légales. Mais ce n'était pas un réel départ car nos cœurs sont toujours restés liés. C'est donc 998 jours après que je vous retrouve. Nous allons reprendre notre chemin là où nous l'avions laissé. Nous allons travailler pour atteindre des objectifs encore plus grands", a-t-il poursuivi.
Le Chef de l’Etat a souhaité mettre l’accent sur l’engagement total de son parti en faveur du peuple et de la Turquie.
Plutôt que de baisser la tête devant notre peuple pour avoir été impuissants, nous préférons nous dresser contre tous nos ennemis à l'intérieur comme à l'extérieur. Nous accepterons notre destin quel qu'il soit", a-t-il dit.
"Ils peuvent essayer de nous empêcher d'entrer au parlement comme en 2002, d'interdire notre parti comme en 2008, de mettre nos rues en feu comme en 2013, ou de faire un coup d'état et de nous tuer comme le 15 juillet 2016, nous ne dévierons pas de notre chemin", a-t-il fait savoir.
Erdogan en a profité pour revenir sur la lutte contre le terrorisme.
Il a répété toute la motivation de l’Etat et du gouvernement pour mettre fin à toute menace terroriste contre la Turquie.
"Mon combat contre FETO, le PKK ou Daech n'est pas un combat personnel: je me bats pour l'indépendance et la survie de mon peuple et de mon pays. C'est pour cette raison qu'il n'est pas concevable que je pardonne qui que ce soit. Tout ce que nous faisons, nous le faisons pour notre peuple, pour notre pays. Malgré toutes les difficultés qu'elle rencontre, la Turquie ne s'est pas écartée de l'état de droit. Notre combat contre toute forme de traîtrise et de terrorisme se fait dans la cadre du droit et des lois", a-t-il affirmé.
"Ils (les terroristes de FETO) ont voulu détruire notre Etat, ils ont tué 249 de nos citoyens, en ont blessés 2 193, et vous vous voulez que nous levions l'Etat d'urgence. Pas question. Nous le ferons quand la prospérité sera totalement assurée", a-t-il ajouté, en réponse aux partis d’opposition ou responsables européens qui demandent la fin de l’état d’urgence.
Le Président turc s’est ensuite adressé à l’Union Européenne (UE) avec qui les relations sont plutôt difficiles depuis un certain temps.
"Nous ne sommes plus dans l'obligation de supporter plus longtemps le comportement de l'UE qui rabaisse notre peuple et notre pays. Soit l'UE respecte ses promesses, supprime les visas, fait parvenir les aides promises pour les réfugiés, et ouvre les chapitres des négociations, soit chacun poursuit son chemin de son côté. Malgré tout, notre choix va dans le sens de la poursuite de notre chemin avec l'UE. C'est à elle de prendre la décision", a-t-il déclaré.
Pour conclure, Recep Tayyip Erdogan a insisté sur le fait qu’une nouvelle ère s’ouvre pour l’AK Parti.
"C’est le congrès de la renaissance. Je suis convaincu que depuis sa création en 2001, l’AK Parti ne s’est pas affaibli. Au contraire, il a gagné en expérience et en maturité. L’AK Parti n’est pas seulement le parti de ses électeurs, mais celui des 80 millions de citoyens turcs", a-t-il dit.
"Que personne ne se sente exclu, que personne ne pense que ses libertés ont été réduites, que personne ne perde espoir pour l’avenir. Chacun des individus de ce pays est un citoyen de première classe. Tous ce que nous réalisons, tous nos investissements, nous le faisons pour tous nos citoyens. Nous ne sommes pas les ‘seigneurs’ de nos citoyens, nous sommes les serviteurs des 80 millions de citoyens turcs", a-t-il conclu.