Mustafa Güngör,Ayşe Betül Gedikoğlu
06 Mai 2017•Mise à jour: 07 Mai 2017
AA - Mersin (Turquie)
Ali Kavak, le président de l’Union des Exportateurs méditerranéens de fruit et légume frais, a estimé que la sanction appliquée par la Russie aux importations de tomate turque pourrait être adoucie, notant que « la Russie a besoin de nos tomates.»
Lors d’un entretien accordé à l’agence Anadolu (AA), Kavak a commenté la décision de lever toutes les restrictions de manière mutuelle et simultanée entre la Turquie et la Russie, mise à part la question des visas.
Il a tout d’abord affirmé que la Russie a effectué de sérieux investissements, au cours de ces dernières années, dans le domaine de la tomate.
« La Russie a effectué des investissements dans la production de tomates et d’autres légumes. Naturellement, nous devons nous aussi trouver de nouveaux débouchés»,a-t-il dit.
Il a affirmé que dans les prochains jours, des efforts seront menés pour trouver de nouveaux marchés pour compenser celui de la Russie.
« Nous n’arrivons pas à envoyer de tomates vers la Russie depuis novembre 2015. Par la suite, durant cette période, une baisse de production de tomates a été constatée en Turquie. Une des raisons majeurs de la hausse des prix de tomate en Turquie est liée à ça », a-t-il dit.
Kavak a indiqué que les producteurs, inquiets de ne pas pouvoir trouver d’acheteur, ont diminué leur production.
« Depuis deux ans, la production a diminué. Sur le marché intérieur, les prix ont augmenté de manière anormale. Il s’agit d’un fait totalement lié à la production. Nous sommes dans l’obligation de prendre de sérieuses mesures et de trouver des marchés alternatifs. Nous devons assurer au producteur que sa production sera vendue »,a-t-il poursuivi.
Notant que la Russie est le premier marché de la Turquie, il a fait remarquer qu’environ 40% des exportations turques sont faites vers ce pays.
« J’estime que la Russie adoucira un peu sa décision. La Russie a besoin de nos tomates. La production actuelle en Russie n’est pas en capacité de répondre aux besoins du peuple. Moscou est encore obligé, dans un horizon de 4 à 5 ans, d’importer des tomates de Turquie ou d’autres pays»,a-t-il estimé.
Pour sa part, Bahri Dolek, producteur de tomates dans le district Erdemli de la province turque de Mersin, a déclaré: « Depuis environ deux ans, nous n’arrivons pas à exporter vers la Russie. Nous avons été confrontés à certaines difficultés. Actuellement, nous adressons nos produits vers l’Irak et le marché intérieur. La Russie est un marché important pour nous. Nous avons besoin de la Russie et elle aussi a besoin de nous. Nous attendons que les problèmes soient réglés au plus vite.»