AA / Istanbul
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré, dimanche, que son pays a pour objectif de "faire d'Istanbul, qui est à la croisée des continents et des cultures, un centre de la finance et de l'économie islamiques".
Erdogan a affirmé, dans un discours tenu par vidéoconférence, lors de la 12e Conférence internationale sur l'économie et les finances islamiques, à Istanbul, que "l'économie islamique est la clé pour sortir des crises".
Et de souligner que "Grâce à Dieu, la Turquie fait partie des pays qui ont dépassé la crise de la Covid-19 avec un minimum de dommages".
"En plus d'avoir répondu aux besoins de nos citoyens, nous avons fourni une assistance médicale à 125 pays", a-t-il déclaré.
Lors de ce même discours, le président Erdogan a tenu à partager son sentiment concernant la pandémie, en déclarant : "Au cours de cette période (de pandémie), il est devenu clair pour nous que la richesse matérielle à elle seule n'était pas suffisante pour atteindre la justice sociale et l'égalité."
Il a souligné que la Turquie avait réalisé une croissance de 4,5% au premier trimestre 2020, ce qui montre qu’elle s’est distinguée des autres pays, non seulement dans le domaine de la santé mais aussi en matière d'économie.
"Nous n'accordons pas d'importance aux prévisions des agences internationales de notation financière, qui ont perdu leur objectivité et leur crédibilité", a renchéri le président turc.
Il a ajouté que son pays avait réussi à passer un test difficile concernant le paquet de soutien économique et social destiné à ses citoyens, se félicitant du niveau des infrastructures de santé, qui s’est révélé optimal dans la lutte contre la Covid-19.
Erdogan a souligné que la Turquie a eu recours à ses propres ressources pour faire face à la crise liée au coronavirus, au lieu d'emprunter auprès des institutions internationales pendant cette période (de pandémie).
"Nous avons développé un modèle de coopération sur la base du profit mutuel en concluant des accords de troc par le biais des banques centrales des pays avec lesquels nous entretenons de solides relations commerciales", a-t-il ajouté.
Et de poursuivre "Nous avons ainsi assuré les liquidités dont notre économie a besoin, sans compromettre notre indépendance financière".
Le président Erdogan a souligné que la Turquie a toujours plaidé en faveur de la nécessité de réorganiser l'ordre mondial sur le principe de la justice et de la bienveillance.
Il a souligné que "le système économique mondial actuel, basé sur l'hégémonie et les intérêts, ne peut protéger ni l'Homme ni la nature", exprimant sa confiance dans le fait que ce système sera, à l'avenir, remplacé par un système participatif où les risques seront partagés.
Le président turc a expliqué que la technologie et les techniques financières contribuent à la diffusion des mécanismes de financement islamiques dans le monde entier.
Il a souligné que les institutions financières islamiques, qui opèrent selon le principe du partenariat dans les profits et les pertes, ont également répondu à un besoin important de centaines de millions de personnes qui rejettent le principe des intérêts.
Erdogan a souligné que ces institutions ont résisté aux crises économiques de ces dernières années et ont attiré l'attention d'un large public.
Il a souligné que, selon la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, les besoins totaux d'investissement dans les pays en développement s'élèvent à environ 3 900 milliards de dollars par an.
"Il existe un important déficit de financement si l'on tient compte du fait que les niveaux d'investissement actuels s'élèvent à environ 2 500 milliards de dollars", a-t-il déclaré, soulignant que les institutions financières participatives peuvent prendre l'initiative et jouer un rôle de premier plan pour combler ce déficit.
Le président turc a souligné que plusieurs mesures importantes ont été prises au cours des 18 dernières années pour intégrer la Turquie dans le système financier des modèles alternatifs fondés sur le partenariat.
"Alors que la part de marché des institutions financières participatives était de 2,4% en 2002, elle est passée à 6,5% actuellement", a-t-il souligné.
Il a indiqué que le montant des actifs des institutions financières, qui était de 10 milliards de livres en 2005, est passé à 319 milliards de livres en mars 2020.
*Traduit de l’Arabe par Mourad Belhaj