Mehmet Tosun,Tuncay Çakmak
26 Février 2019•Mise à jour: 27 Février 2019
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a insisté sur le fait que la Turquie assurera le contrôle de la future zone de sécurité en Syrie, affirmant qu’elle ne peut prendre le risque de la confier à d’autres que cette région peut représenter une menace pour sa sécurité.
Le Chef de l’Etat turc s’exprimait, mardi soir, lors d’une interview télévisée pour les chaines privées turques NTV et STAR.
Après plusieurs questions de politique interne en vue des élections municipales du 31 mars prochain, Erdogan est intervenu sur les questions régionales et internationales, notamment sur la situation en Syrie.
"Nous ne pouvons confier à un tiers une zone qui peut représenter une menace pour nous. Nous y serons", a-t-il affirmé, rejetant ainsi tous les autres plans qui écarteraient la Turquie.
Erdogan a affiché la même détermination concernant la ville de Manbij, toujours occupée par les terroristes du YPG/PKK malgré la feuille de route conclue avec Washington.
"Parce que la population syrienne nous fait confiance, les clans de Manbij nous invitent régulièrement dans cette ville. Notre objectif est d'assurer le retrait total des groupes terroristes PYD et YPG de Manbij (Syrie). Et les armes qu'ils possèdent vont être récupérées par les Etats-Unis, c'est une promesse faite", a-t-il rappelé.
Toujours sur la Syrie, mais aussi sur les autres questions régionales, le Président turc a été interrogé sur la venue, mercredi à Ankara, du conseiller de Donald Trump, Kushner.
"Comme me l'a indiqué le président Trump, la visite portera surtout sur les questions économiques et régionales. Par ailleurs, le Président du Tchad sera aussi à Ankara. Je pourrais peut-être rencontrer Kushner lors de sa réunion avec notre ministre des finances", a-t-il expliqué.
Concernant les relations avec Washington, Erdogan s’est aussi exprimé sur la question des systèmes de défense Patriot que les Américains veulent vendre à la Turquie, tout en demandant l’annulation de l’accord d’Ankara avec Moscou pour l’acquisition du système russe S400.
"Il n'est absolument pas question d'une marche arrière au sujet du système de défense russe S400. Concernant les Patriot, si une offre intéressante est faite nous pourrons l'accepter. Nous avons l'obligation d'étudier les alternatives", a-t-il indiqué.
Le Chef de l’Etat turc a également abordé le sujet des relations avec l’Union Européenne (UE).
"L'Union Européenne a perdu sa chance de devenir un centre d'attraction", a-t-il d’abord estimé.
Il a fustigé l’hypocrisie européenne dans son approche concernant le processus d’adhésion de la Turquie.
"Où va nous mener ce processus ? Il va peut-être nous pousser à suivre notre propre chemin", a-t-il estimé.
Erdogan a notamment dénoncé la tenue en Egypte d’un sommet arabo-européen, alors que le régime d’Al-Sissi vient de faire exécuter 9 jeunes.
"Ils disent que la peine de mort est interdite mais ils s'affichent aux côtés de celui qui a fait exécuté 42 personnes. Ce n'est pas possible."
Le Président turc a tenu à souligner l’absence de sincérité de l’Union Européenne (UE) et des leaders des pays membres au sujet de la peine de mort et les valeurs démocratiques.