AA - Istanbul - Ayvaz Colakoglu
"Le tribut payé a été lourd. Il n'est pas possible de mesurer le coût de la douleur et des larmes versées par les mères, les pères, les époux, les frères, les enfants comme il n'est pas possible de mesurer le coût de notre liberté et de notre Indépendance" a lancé le président turc Recep Tayyip Erdogan.
Erdogan prononçait un discours devant un flot rouge et blanc amassé sur l’ancien pont du Bosphore, rebaptisé "le pont des martyrs du 15 juillet", à l’occasion de la cérémonie de commémoration 15 juillet, samedi à Istanbul.
Plus de 5 millions de personnes ont fait le déplacement pour rendre hommage aux 249 martyrs qui au sacrifice de leurs vies ont préservé l'indépendance et la liberté de leur pays et de leur peuple.
"Je remercie tous les membres de cette patrie qui ont défendu leur liberté, leur pays, leur Etat, leur drapeau et leur appel à la prière" a tonné le Chef de l'Etat qui a rejoint la scène sur un tonnerre d'applaudissements.
Erdogan a rappelé les terribles épreuves surmontés par la Turquie lors de cette dernière année.
"Le tribut payé a été lourd. Il n'est pas possible de mesurer le coût de la douleur et des larmes versées par les mères, les pères, les époux, les frères, les enfants comme il n'est pas possible de mesurer le coût de notre liberté et de notre Indépendance" a t-il relevé avant d'affirmer qu'une participation aussi massive est la preuve de la reconnaissance que témoigne le peuple pour ses martyrs.
Il a, par ailleurs, mis en garde ceux qui pensent pouvoir, à leur gré, orchestrer des plans contre la Turquie.
"Les organisations que nous avons face à nous peuvent ne pas refléter leur vrai visage. Mais qu'elles sachent que derrière le côté visible de la Turquie se cache un millénaire de tradition étatique.(...) Nous avons derrière nous un cumul de civilisations de 14 siècles" a-t-il tonné.
Erdogan a précisé que ce peuple avait toujours répondu présent, tout au long de son histoire, aux défis qui lui été lancés.
"250 martyrs se sont sacrifiés le soir du 15 juillet mais nous avons conquis l’avenir de notre pays et nous déracinerons les têtes des traîtres" a t-il dit.
"Le 15 juillet, comme il l'a fait à de multiples reprises dans son histoire, le peuple turc a montré qu'il n'hésite pas à sacrifier sa vie pour protéger ce qui lui est sacré" a t-il relevé.
Pour le président turc, d'autres attaques vont continuer à cibler son pays.
"La tentative de putsch raté du 15 juillet n’a pas été la première attaque contre la Turquie et ne sera pas la dernière" a t-il lancé avant d'ajouter que rien n'est parvenu à faire plier son peuple jusqu'à aujourd'hui.
"Ni les attaques des organisations terroristes, ni les scénarios de ceux qui les instrumentalisent ne pourront nous dévaster. Voyez bien cela. Avec l'aide de Dieu, ce jour là ne viendra jamais", a t-il insisté.
Erdogan a noté l'importance de tirer les leçons de cet événement. "Si nous ne tirerons pas convenablement les leçons (de la tentative de putsch) du 15 juillet, il sera inéluctable que d’autres tentatives se produiront" a t-il prévenu.
"Les attaques et les actes de traîtrise auxquels fait face notre pays ne feront que nous unifier et consolider notre force" a t-il poursuivi.
Le Chef de l'Etat turc a attiré l'attention sur l'instrumentalisation qui est faite des organisations terroristes.
"Nous sommes conscients du ressentiment de ceux qui utilisent les organisations terroristes comme pions. Nous savons très bien que le FETO, le PKK, DAESH ou bien les autres organisations terroristes ont un versant caché. Nous savons très bien qui se cachent derrière eux, mais ce qui est sûr également, c'est que sans avoir écrasé les pions vous ne pouvez pas prendre les tours, les cavaliers, le roi et faire échec et mat", a-t-il poursuivi.
"Que disent certains avec insistance, "coup d'Etat sous contrôle". Ils tentent de salir la résistance de notre valeureux peuple. C'est de l'insolence, cela est immoral", par ailleurs lancé Recep Tayyip Erdogan.
Il a fait remarquer qu'aucun des membres de l'organisation terroriste FETO ne porte sur son visage des signes de remords.
"Si vous faites attention, vous constaterez qu'il n'y a aucun signe de remord sur le visage de ceux qui ont participé à la tentative de putsch du 15 juillet, la même chose est valable pour les sympathisants de cette organisation. Cela veut dire qu'ils ont volontairement poignardé notre pays dans le dos" a t-il relevé.
Les premières peines ont été prononcées dans le cadre des procès visant les putschistes, a rappelé Erdogan avant d'ajouter : "Les verdicts commencent à tomber dans les procès FETO. Soyez assurés qu'aucun traître à cette nation ne restera impuni. Ce peuple porte en estime ceux qui le servent et n'hésitera jamais à écraser la tête de ceux qui le trahissent".
Erdogan a vivement critiqué ceux qui tentent encore aujourd'hui de brouiller la lutte contre FETO en propageant des rumeurs et de fausses informations.
"Que disent certains avec insistance, "coup d'Etat sous contrôle". Ils tentent de salir la résistance de notre valeureux peuple. C'est de l'insolence, cela est immoral" a t-il tonné.
Le chef de l'Etat turc a communiqué les chiffres relatifs à la lutte contre l'organisation terroriste FETO.
"Le nombre des membres de FETO qui ont été limogés de l'armée, de la police, de l'éducation, de la justice, du ministère de la Santé, des universités et des autres institutions a atteint 111 mille. Pour 38 mille d'entres eux, les investigations se poursuivent. Allions nous continuer à payer ces terroristes ? Allions nous leur donner l'argent ponctionné au peuple ? Que personne ne s'offense, nous ne pouvons leur donner de l'argent public. Qu'ils aillent gagner leur vie où bon leur semble", a insisté Erdogan.
Et Erdogan de poursuivre : "Depuis le jour de la tentative du coup d'Etat, 134 mille personnes ont été placées en garde à vue et 50 mille 400 d'entres elles ont été incarcérées. 8500 sont en fuite, des mandats d'arrêt ont été émis contre eux".
"Près de 5000 organisations de type fondations, écoles, centres d'études, des universités, des syndicats et des organes de presse, en lien avec FETO ont été fermés et leurs biens saisis.(...) De plus, le contrôle d'un milliers d'entreprises privées est passé à l'Etat. Il n'y a pas que FETO, l'autre face de la médaille c'est le PKK et les mêmes disposions ont été prises contre cette organisation terroriste", a-t-il conclu.