Çiğdem Alyanak,Ayvaz Çolakoğlu
16 Juillet 2017•Mise à jour: 16 Juillet 2017
AA - Istanbul - Ayvaz Colakoglu
"Le tribut payé a été lourd. Il n'est pas possible de mesurer le coût de la douleur et des larmes versées par les mères, les pères, les époux, les frères, les enfants comme il n'est pas possible de mesurer le coût de notre liberté et de notre Indépendance" a lancé le président turc Recep Tayyip Erdogan.
Erdogan prononçait un discours devant un flot rouge et blanc amassé sur l’ancien pont du Bosphore, rebaptisé "le pont des martyrs du 15 juillet", à l’occasion de la cérémonie de commémoration 15 juillet, samedi à Istanbul.
Plus de 5 millions de personnes ont fait le déplacement pour rendre hommage aux 249 martyrs qui au sacrifice de leurs vies ont préservé l'indépendance et la liberté de leur pays et de leur peuple.
"Je remercie tous les membres de cette patrie qui ont défendu leur liberté, leur pays, leur Etat, leur drapeau et leur appel à la prière" a tonné le Chef de l'Etat qui a rejoint la scène sur un tonnerre d'applaudissements.
Erdogan a rappelé les terribles épreuves surmontés par la Turquie lors de cette dernière année.
"Le tribut payé a été lourd. Il n'est pas possible de mesurer le coût de la douleur et des larmes versées par les mères, les pères, les époux, les frères, les enfants comme il n'est pas possible de mesurer le coût de notre liberté et de notre Indépendance" a t-il relevé avant d'affirmer qu'une participation aussi massive est la preuve de la reconnaissance que témoigne le peuple pour ses martyrs.
Il a, par ailleurs, mis en garde ceux qui pensent pouvoir, à leur gré, orchestrer des plans contre la Turquie.
"Les organisations que nous avons face à nous peuvent ne pas refléter leur vrai visage. Mais qu'elles sachent que derrière le côté visible de la Turquie se cache un millénaire de tradition étatique.(...) Nous avons derrière nous un cumul de civilisations de 14 siècles" a-t-il tonné.
Erdogan a précisé que ce peuple avait toujours répondu présent, tout au long de son histoire, aux défis qui lui été lancés.
"250 martyrs se sont sacrifiés le soir du 15 juillet mais nous avons conquis l’avenir de notre pays et nous déracinerons les têtes des traîtres" a t-il dit.
"Le 15 juillet, comme il l'a fait à de multiples reprises dans son histoire, le peuple turc a montré qu'il n'hésite pas à sacrifier sa vie pour protéger ce qui lui est sacré" a t-il relevé.
Pour le président turc, d'autres attaques vont continuer à cibler son pays.
"La tentative de putsch raté du 15 juillet n’a pas été la première attaque contre la Turquie et ne sera pas la dernière" a t-il lancé avant d'ajouter que rien n'est parvenu à faire plier son peuple jusqu'à aujourd'hui.
"Ni les attaques des organisations terroristes, ni les scénarios de ceux qui les instrumentalisent ne pourront nous dévaster. Voyez bien cela. Avec l'aide de Dieu, ce jour là ne viendra jamais", a t-il insisté.
Erdogan a noté l'importance de tirer les leçons de cet événement. "Si nous ne tirerons pas convenablement les leçons (de la tentative de putsch) du 15 juillet, il sera inéluctable que d’autres tentatives se produiront" a t-il prévenu.
"Les attaques et les actes de traîtrise auxquels fait face notre pays ne feront que nous unifier et consolider notre force" a t-il poursuivi.
Le Chef de l'Etat turc a attiré l'attention sur l'instrumentalisation qui est faite des organisations terroristes.
"Nous sommes conscients du ressentiment de ceux qui utilisent les organisations terroristes comme pions. Nous savons très bien que le FETO, le PKK, DAESH ou bien les autres organisations terroristes ont un versant caché. Nous savons très bien qui se cachent derrière eux, mais ce qui est sûr également, c'est que sans avoir écrasé les pions vous ne pouvez pas prendre les tours, les cavaliers, le roi et faire échec et mat", a-t-il conclu.