Fikriye Susam Uyar,İsmail Özdemir,Tuncay Çakmak
05 Novembre 2016•Mise à jour: 06 Novembre 2016
AA - Istanbul - Tuncay Çakmak
Le Premier ministre turc, Binali Yildirim, a appelé la Communauté internationale à mettre en marche une réforme profonde du système mondial qu’il a qualifié "d’injuste", notamment celui des Nations Unies (ONU), pour qu’il réponde davantage aux défis de l'époque.
Yildirim s’exprimait, samedi, lors d’une conférence internationale sur les «migrations et les réfugiés», organisée à Istanbul en Turquie.
Il est très longuement revenu sur la situation qui prévaut dans les pays de la région, particulièrement en Syrie et en Irak, et a commenté les conséquences des guerres qui les secouent sur les civils ainsi que sur les pays voisins.
"Depuis cinq, six ans, la Communauté internationale et les institutions internationales, particulièrement l'ONU, n'agissent pas en Syrie pour mettre fin à ce drame alors qu'elles pouvaient le faire. Mais la responsabilité de ces massacres, de ces crimes contre l'humanité incombe aux pays qui interviennent en Syrie pour leurs propres intérêts et qui rendent ainsi la situation encore plus dramatique", a-t-il dénoncé.
Pour le Premier ministre turc, le système mondial n’est plus en mesure de répondre aux besoins du monde actuel.
"Cet ordre mondial, créé après la Deuxième Guerre Mondiale, ne répond plus aux enjeux d'aujourd'hui. Quelques pays ont en main le destin du monde alors que l'ONU compte près de 200 pays membres. C'est un système injuste", a-t-il relevé.
"Cela doit changer, à défaut, la confiance envers l'ONU se réduira chaque jour un peu plus", a-t-il avancé, rappelant une des phrases favorites du Président turc Recep Tayyip Erdogan : «le Monde est plus grand que 5», en référence aux cinq pays membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU, dont un simple véto peut rendre impossible toute résolution.
Binali Yildirim a, ensuite, évoqué les conséquences sur la Turquie du chaos dans lequel s'est enlisé la région.
"Les guerres internes qui secouent les pays de la région menacent la sécurité de la Turquie et favorisent les attaques des organisations terroristes contre notre pays, à l'instar de l'attentat de vendredi à Diyarbakir (Sud-est) qui a causé la mort de 10 civils et policiers », a-t-il rappelé.
"De plus, nous poursuivons nos efforts pour accueillir les réfugiés. A elle seule, la Turquie a dépensé entre 20 et 25 milliards de dollars US. Nos amis européens et occidentaux nous félicitent pour nos efforts, mais ce n’est pas suffisant, ils doivent partager avec nous cette lourde responsabilité", a-t-il insisté.
"C’est pour nous une question d’éthique, nous continuerons à déployer ces efforts, car notre croyance nous apprend ceci : fait vivre un homme pour faire vivre l’humanité", a-t-il ajouté en conclusion.