AA - Ankara - Ayse Betul Gedikoglu
Le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, a indiqué que les patrouilles des forces armées turques commenceront dès aujourd’hui (vendredi) à Idleb, dans la zone de désescalade.
Akar était l’invité, vendredi, de la "Table des Editeurs" de l’Agence Anadolu (AA).
Il a répondu aux questions relatives à l’actualité nationale et internationale.
Le ministre turc a tout d’abord indiqué que la question d'Idleb est actuellement un sujet préoccupant pour la République de Turquie et les Forces Armées Turques.
"J’aimerais affirmer avec enthousiasme qu’à ce sujet, nous établissons la coordination nécessaire avec la Russie et l’Iran", a-t-il dit.
"Dans le cadre de l’accord de Sotchi, du 17 septembre, une zone désarmée de 15 à 20 kilomètres a été instaurée. En ce sens, nous avons établi douze points d’observation et les russes en ont établi dix", a-t-il indiqué.
Akar a indiqué qu’un nouvel accord a été signé, les 3 et 4 mars dernier, selon lequel "à partir d'aujourd'hui, les forces russes établirons des patrouilles à la frontière d'Idleb et les forces armées turques dans la zone de désescalade. En même temps, il y avait des restrictions concernant l'utilisation des espaces aériens d'Idleb et d'Afrin, elles sont désormais levées".
"Notre coopération avec la Russie est à un niveau très développé", s’est-il félicité.
Il a tenu a souligné l’importance des patrouilles conjointes avec la Russie à Idleb pour "la continuité du cessez-le-feu et la stabilité".
Akar a indiqué certains points auxquels la Turquie doit être attentive.
"Il y a de sérieuses provocations. Le régime (syrien) est très violents même envers les civils. Il continue ses bombardements. Nous sommes en contact avec la Russie de manière permanente pour qu’elle les stoppe", a-t-il indiqué.
Akar a averti: "Si les attaques continuent et provoquent la migration de 3,5 millions de personnes, elle pourra atteindre la Turquie et l'Europe, mais pas seulement, les Etats-Unis aussi."
A la question d’une journaliste: "La Turquie, qui poursuit ses discussions à propos des patrouilles et de l’espace aérien avec la Russie et l’Iran, est ainsi en contact, de manière indirecte, avec le régime?" Akar a répliqué: "Il n'est question d'aucun contact avec le régime (syrien). Nos échanges se font entièrement avec les Russes et quand il le faut, avec l’Iran. […] Notre plus grande plainte concernant le régime (syrien) est la violation du cessez-le-feu. Nous attendons des Russes qu'ils stoppent le régime."
En outre, Akar a affirmé que les opérations militaires turques "Bouclier de l'Euphrate et Rameau d’Olivier" ont permis de nettoyer la zone de la présence terroriste, favorisant ainsi le retour de 314 590 personnes en Syrie.
Akar a poursuivi: "La Turquie ne permettra pas au YPG, indifférente du PKK, de rester à Manbij de manière permanente. Nous estimons que la présence de groupes terroristes, comme le PKK et le YPG, à nos frontières, comme une menace pour notre pays et peuple. Nous l'avons indiqué à de multiples reprises à nos interlocuteurs et nous continuons à le faire."
Le ministre turc a tenu à souligné que la République de Turquie est le seul Etat qui combat Daech au corps à corps et qui a éliminé plus de 3 milles terroristes radicaux.
Une journaliste a ensuite évoqué la propagande selon laquelle la Turquie ferait du tord aux Kurdes.
"Il s’agit de quelque chose que nous évoquons lors de tous nos entretiens téléphoniques et de nos entretiens en tête à tête, avec tout nos interlocuteurs. C’est un sujet très important. […] Nous sommes contre tous les groupes terroristes comme le YPG, PKK, Daech, FETO et al-Qaïda", a-t-il dit.
"Nous n'avons aucuns problèmes avec les groupes ethniques, et en premier lieu avec nos frères kurdes. Notre unique cible, sont les terroristes. Lorsque nous parlons du YPG, nous ciblons seul et seulement les terroristes[…]. En dehors de ça, nous ne visons en aucun cas les arabes ou les kurdes", a-t-il ajouté.
Revenant sur la question de l’instauration d’une zone sécurisée en Syrie après le retrait américain, Akar a affirmé qu’il y aura là, les membres des forces armées turques "sans aucun doute."
Par ailleurs, Akar a réitéré que l’objectif de la Turquie n’est pas l’occupation.
"Nous respectons l'intégrité territoriale et l'unité politique de tous nos voisins, en premier lieu, la Syrie et l'Irak. Notre seule préoccupation est la sécurité de notre pays et peuple", a-t-il souligné.
Akar a ensuite relevé la présence de 17 mille terroristes au total en Turquie, Irak et Syrie.
"Il y en a 750 sur le territoire turc, 3 mille dans le nord de l'Irak et 13 mille dans le nord de la Syrie", a-t-il précisé.
Enfin, Akar, s’est exprimé concernant le sujet de discordes avec Washington, celui de l’achat de systèmes de défense anti-aérienne russe S-400.
"L'achat des S-400 est plus une obligation qu'un choix. Nous devons protéger nos 82 millions de citoyens", a-t-il dit.
Le ministre turc a annoncé que l'installation commencera en octobre et que les travaux de l’Armée de l'Air turque se poursuivent concernant leur implantation.
"La Turquie ne veut plus être seulement un marché. Nous allons produire ensemble, transférer des technologies, et devenir aussi des producteurs", a conclu Akar.