AA - Ankara - Bilal Muftuoglu
''Il ne fait aucun doute que cette tentative de coup d'Etat [initiée par l''organisation parallèle''] s'est avérée manquée et ses auteurs sont désormais condamnés devant le peuple et l'histoire'', a déclaré le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu.
Le chef du gouvernement turc s'est exprimé devant le groupe de son Parti pour la Justice et le Développement (AKP), mardi au Parlement.
''Quelle que soit la décision de la Commission d'enquête parlementaire, l'appel d'interrogation du chef des Services secrets qui enfreint la loi du 7 février 2012 ou les provocations autour du parc Gezi, celles du 17 et du 25 décembre, l'opération menée contre les camions des Services secrets le 19 janvier, la mise sur écoute du ministère des Affaires étrangères le 27 mars, sont tous autant d'éléments d'un processus de coup d'Etat'', a affirmé Davutoglu.
''Nous avons résisté à ce processus'', a-t-il ajouté.
Davutoglu a par ailleurs clarifié le point de vue de son gouvernement sur la Commission d'enquête parlementaire qui a décidé lundi, à prpos de l'affaire de corruption, de ne pas transférer quatre anciens ministres devant la Cour suprême. ''Nous n'étions nullement intervenus auprès de la commission'', a insisté le Premier ministre ajoutant que son gouvernement n'a fait aucune suggestion aux membres composant la Commission.
Il a déploré à cet égard que les membres des partis d'opposition, dont le CHP [Parti républicain du peuple, principal parti d'opposition], aient ''chaque jour, fait part de leurs intimes convictions sur l'affaire avant même la délibération de la commission''.
''Nous respectons le rapport objectif de la commission d'enquête [parlementaire] et l'appréciation de notre parlement, a poursuivi Davutoglu. Nous maintiendrons notre engagement dans le cadre de ce processus [impliquant quatre anciens ministres]''.
La Commission d'enquête parlementaire avait décidé lundi de ne pas transférer les quatre anciens ministres, Zafer Caglayan (ministre de l'Economie), Muammer Guler (ministre de l'Intérieur), Erdogan Bayraktar (ministre de l'Environnement et du Développement urbain) et Egemen Bagis (ministre de l'Union européenne) devant la Cour suprême.
Ces quatre ministres avaient démissionné de leurs postes après une affaire de corruption révélée le 17 décembre 2013. Le ministre des Affaires de l'Union Européenne Egemen Bagis a, lui, perdu son poste lors du remaniement ministériel du 25 décembre 2013.
Des représentants du gouvernement turc accusent certains procureurs et employés de la police qui avaient mené l'enquête dans l'affaire de corruption du 17 et du 25 décembre, d'être en relation avec l'organisation parallèle pour des buts d'espionnage. Cette organisation dirigée par le mouvement de Fethullah Gülen aurait infiltré l'Etat turc afin de renverser le gouvernement. Elle aurait aussi pris pour cible le gouvernement avec l'affaire du 17 décembre.