Esma Ben Said
15 Mars 2018•Mise à jour: 16 Mars 2018
AA/Tunis/Rached Cherif
L’agence de notation américaine Moody’s a annoncé dans la soirée de mercredi à jeudi l’abaissement de la note de long terme de la dette souveraine tunisienne de B1 à B2 assortie d’une perspective « stable ».
La dette de la Banque centrale de Tunisie subit le même sort dans la mesure où « le Gouvernement tunisien est légalement responsable du paiement de toutes les obligations de la Banque centrale », indique le communiqué de Moody’s dont Anadolu a eu copie.
Les obligations libellées en monnaies locales et les dépôts bancaires à long terme sont à peine mieux notés et passent respectivement de Ba1 à Ba2 et de Ba2 à Ba3.
L’agence new-yorkaise estime notamment que la tendance à la baisse des réserves de change de la Tunisie « ne va pas s’inverser dans les prochaines années ».
La dette publique, qui a atteint 70 % du PIB en 2017, est aussi un motif de préoccupation. D’autant plus que « le déficit public demeure à un niveau élevé de 10,4 % du PIB en 2017 et que la dette extérieure a atteint 80 % du PIB, pesant sur le ratio d’adéquation des réserves (de change) ».
La perspective de la note passe toutefois de « négative » à « stable » pour refléter les effets de la « consolidation fiscale en cours, qui va limiter la hausse du service de la dette ». Moody’s s’attend également à ce qu’une reprise des exportations de produits agricoles, de biens manufacturés et de services – en particulier le tourisme – contribue à limiter le déficit extérieur et la baisse des réserves de change.
La notation table sur un scénario d’embellie économique avec une croissance de 2,8 % en 2018 et de 3 % en 2019, contre 1,9 % en 2017.
De même, l’agence de notation estime que la Tunisie continuera à être soutenue par le Fonds monétaire international (FMI). Le communiqué s’inquiète en revanche de la persistance d’un lourd déficit de la balance énergétique et de la « perte de parts de marché dans le phosphate ».
La note B2 confirme le caractère « hautement spéculatif » et donc risqué des titres de la dette tunisienne, faisant ainsi monter les taux d’intérêt auxquels le Trésor public pourrait emprunter sur les marchés financiers.
C’est pourquoi le gouvernement privilégie les emprunts auprès d’acteurs publics de l’aide au développement (BEI, AFD, KfW, BAD, etc.) pour le financement d’infrastructures ou de politiques publiques.