Nadia Chahed
11 Septembre 2017•Mise à jour: 14 Septembre 2017
AA/Bujumbura/Jean Bosco
La Conférence des Evêques catholiques du Burundi (instance suprême des leaders religieux d’obédience catholique) a appelé les dirigeants du pays à s’inscrire rapidement dans la logique d’un dialogue inclusif pour mettre fin à la crise politique actuelle.
«Nous voudrions insister sur le dialogue inclusif qui doit être privilégié pour l’intérêt supérieur de la Nation et en vue de barrer la route à tous ceux qui voudraient emprunter la voie de la guerre», ont déclaré les Evêques du Burundi dans un communiqué diffusé dimanche à travers toutes les églises catholiques du pays.
«Dans notre pays, nous avons tellement souffert des méfaits de la guerre qu’aucune personne responsable ne peut accepter que le pays replonge dans la belligérance », poursuit la même source.
Les Evêques estiment, en outre, que le dialogue interne mené sous l’égide de la Commission nationale de dialogue interne ne suffit pas pour régler la crise qui secoue le pays.
"Il est vrai, un dialogue inter-burundais a été organisé à l’intérieur du pays. Cependant, il n’a pas rassuré tout le monde. Puisqu’il y a un dialogue destiné à se tenir là où même ceux qui sont en exil peuvent se rendre, il est bon que tous les concernés y soient conviés et y prennent part afin de trouver des solutions adéquates à cette situation d’impasse", relèvent encore les Evêques.
Depuis plus de deux ans, la Communauté est-africaine a initié à Arusha en Tanzanie un dialogue mené sous la houlette de l’ancien président tanzanien Benjamin Mkapa.
Ce dialogue peine à donner ses fruits, face au refus de Bujumbura de se mettre sur la même table que ses opposants radicaux, accusés de tentative de coup d’état et de violences. Le prochain round du dialogue est attendu en octobre
prochain.
Considérée comme la première force morale au Burundi où plus de 70℅ sont de cette confession religieuse, l’Eglise catholique, s’était officiellement opposée au 3eme mandat du président Pierre Nkurunziza.
Depuis plus de deux ans, le Burundi traverse une crise politico-sécuritaire, déclenchée par la décision, en avril 2015, du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat, contesté par l'opposition et la société civile.
Les violences consécutives à cette crise ont déjà fait entre 500 et 2.000 morts, selon des sources concordantes (ONU et ONG). Ils ont également poussé plus de 400 mille à fuir le pays selon un récent rapport du HCR.