Mona Saanouni
11 Septembre 2017•Mise à jour: 12 Septembre 2017
AA/Genève/Abduljabbar Aburas
Le Haut-commissaire des Droits de l’Homme auprès des Nations Unies, Zeid Ra’ad Al Hussein, a indiqué, lundi que la violence et l’injustice au Myanmar dont souffrent les musulmans Rohingya dans l’Etat d’Arakan, dans l’ouest du Myanmar, ressemblent à la purification ethnique.
Zeid a dénoncé, devant le Conseil des Droits de l’Homme, relevant de l’ONU, tenu lundi à Genève, les opérations cruelles contre les Rohingya et s’est interrogé : «comment lancer une autre opération sécurité cruelle à Arakan… Cette fois semble être à plus grande échelle ».
« La violence et l’injustice auxquelles est confrontée la minorité Rohingya au Myanmar, où les enquêteurs de l’ONU ont été interdits d’entrée, ressemblent à un nettoyage ethnique », a ajouté le responsable onusien.
Il a également noté que plus de 270 mille personnes se sont enfuies au Bangladesh, au cours des dernières trois semaines, tandis que d’autres sont piégés sur les frontières.
Zeid a mentionné qu’il existe des rapports et des images satellitaires sur « les forces sécuritaires et les milices locales (nationalistes et bouddhistes) en train de brûler des villages et de commettre des crimes extrajudiciaires ».
Le Haut-commissaire de l’ONU s’est déclaré profondément préoccupé par les rapports qu’il a reçus, indiquant que le Myanmar est en train de placer des mines le long des frontières.
Depuis le 25 août, l'armée du Myanmar procède à un génocide contre les musulmans Rohingyas à Arakan, dans le sud-ouest du pays, provoquant une vague de condamnation à travers le monde, en particulier parmi les musulmans.
Il n'y a pas de statistiques claires sur les victimes du génocide. Mais lors d'une interview accordée à Anadolu, le militant Rohingya Omran al-Arakani a évoqué un bilan de 7 mille 354 morts et 6 mille 541 blessés depuis le début du génocide jusqu’à mercredi (6 septembre courant).
Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) avait estimé samedi dernier, à près de 290 mille le nombre de de Rohingyas ayant fui la région d’Arakan vers le Bangladesh, depuis le début des violences.