Ibrahim Salih Omer
17 Janvier 2018•Mise à jour: 17 Janvier 2018
AA/Addis-Abeba/Ibrahim Salih
Les autorités éthiopiennes ont libéré, mercredi, 150 prisonniers politiques, dont le président du Congrès national Oromo (opposition), Merera Gudina, détenu depuis 2016, selon des sources informées.
Wendimu Ibssa, l'avocat de Gudina, a confirmé au correspondant d'Anadolu la libération de son client.
« Nous nous dirigeons vers la prison Kilinto (au sud-est d’Addis-Abeba) pour ramener Gudina chez lui », a ajouté l’avocat.
Satisfait de la libération de Gudina, Ibssa a évoqué la joie de la famille et des amis du chef politique. A la réception de la nouvelle de sa libération, des partisans de Gudina se sont rassemblés devant sa maison pour l'accueillir à son retour, a ajouté l'avocat.
Lundi dernier, le ministère éthiopien de la Justice a décidé d’acquitter 528 prisonniers politiques et d’autres prisonniers, dans le cadre d'une amnistie générale.
Le Procureur général éthiopien avait déclaré, lors d’une conférence de presse, que 115 personnes, parmi les prisonniers acquittés, avaient été détenues au niveau fédéral, tandis que les autres appartenaient à la Région des nations, nationalités et peuples du Sud; l'une des neuf régions du pays.
Gudina est l'un des principaux leaders de l'opposition en Ethiopie. Il a été arrêté en novembre 2016, après son retour de Bruxelles où il s'était adressé au Parlement européen et avait rencontré des personnalités de l'opposition qualifiées de "terroristes et anti-paix" par le gouvernement, violant ainsi l'état d'urgence décrété.
Au cours des deux dernières années, des manifestations antigouvernementales généralisées se sont déclenchées à Oromia et en Amhara; les deux plus grandes régions fédérales du pays pour revendiquer des libertés politiques plus larges et plus d'équité économique.
Le gouvernement éthiopien a toujours nié détenir des prisonniers politiques, contrairement à ce qu'affirment les groupes des droits de l'homme et de l'opposition.