Esma Ben Said
08 Janvier 2018•Mise à jour: 09 Janvier 2018
AA/Niamey/Boureima Balima
Le procès des militaires impliqués dans la tentative de coup d’Etat de décembre 2015 au Niger, qui s'est ouvert lundi à Niamey, a été reporté au 23 janvier prochain, a déclaré à Anadolu Me Alio Samna, un des avocats de la défense.
« Le dossier n’a été mis à notre disposition que vendredi dernier. Il y a eu une précipitation anormale qui a été faite de la part des organes de la poursuite, à savoir le commissaire du gouvernement, pour nous amener à cette audience. Mais par bonheur le Tribunal nous a suivi en prenant acte du fait que la procédure n’a pas été mise à notre disposition dans le délai requis. » a déclaré Me Alio Samna à la sortie du tribunal.
Dans un message à la nation qu'il a livré à l’occasion du 57ème anniversaire de la proclamation de la République, le 18 décembre 2015, le président nigérien Issoufou Mahamadou a annoncé qu’un groupe de militaires ont voulu attenter à sa vie à travers un coup d’Etat.
Selon le ministre de l’intérieur d’alors Hassoumi Massaoudou, les soldats ont voulu utiliser des moyens terrestres et aériens pour attenter à la vie du président au retour des festivités de la proclamation de la République qui s’étaient déroulées à Maradi (Sud-est du Niger).
Entre le 14 et le 15 décembre 2015, une vingtaine de militaires et civils ont été arrêtés, selon les médias locaux.
Les civils impliqués dans la tentative de coup d’Etat sont, pour l’essentiel, des militants du Mouvement démocratique nigérien pour une fédération africaine (MODEN-FA/LUMANA-AFRICA) de l’opposant Hama Amadou.
Ce dernier a lui-même été auditionné plusieurs fois par les enquêteurs au niveau de la prison civile de Filingué, à quelque 200 kilomètres au nord-est de Niamey, où il était détenu dans le cadre de l’affaire dite des bébés importés du Nigeria.
Par la voix de leurs avocats et des membres de leurs familles, les personnes poursuivies ont, à maintes reprises, nié avoir pris à une quelconque tentative de coup d’Etat.
Quant aux militaires accusés figurent parmi eux, neuf officiers des forces armées nigériennes dont le général Salou Souleymane, ancien chef d’État-major des Forces armées nigériennes, le colonel Idi Na Haoua, commandant de la base aérienne de Niamey à l’époque des faits, le commandant Narey Maidoka, chef du 1er bataillon d’artillerie de Tillabéri et le lieutenant Hambally.