AA/Dakar/Arona Basse/ Babacar Dione
Le procès de l’ancien président tchadien Hissène Habré a été renvoyé, mardi, au 7 septembre prochain pour permettre aux nouveaux avocats commis d’office de prendre connaissance du dossier.
Les trois avocats ont été commis d’office par les Chambres africaines extraordinaires après que les conseils de Hissène Habré ont décidé de boycotter le procès en invoquant une violation des droits de la défense et l'incompétence du tribunal spécial, mis en place par le Sénégal et l'Union africaine, pour connaître de cette affaire.
"Il y a une volonté de paralyser le système, regrette Me William Bourdon, avocat de la partie civile dans une déclaration à la presse, nous savions que le procès allait démarrer dans le vacarme. L’Adn de la défense de Habré c’est son cynisme. Nous en appelons à la conscience des juges pour qu’ils demandent à Habré de nous dire s’il entend récuser ses avocats le 7 septembre aussi."
Le Procureur Mbacké Fall pense, pour sa part, que "Habré n’a jamais voulu comparaître. Mais il n’a pas la possibilité de récuser ses avocats qui ont été choisis dans l’intérêt de la justice" a-t-il déclaré à la sortie du tribunal.
Hissène Habré, arborant le signe de la victoire avec ses doigts, est retourné dans sa cellule sous les applaudissements de ses partisans. Après en avoir été extrait "de force", selon ses avocats, pour comparaître, lundi, à l'ouverture de son procès, Habré avait qualifié les poursuites à son encontre de "mascarade", provoquant, ainsi, un vacarme suivi de son évacuation.
Hissène Habré a dirigé le Tchad de 1982 à 1990, avant d'être renversé par l'actuel président Idriss Deby Itno. Depuis sa chute, il a vécu en exil au Sénégal. Toutefois, après 19 mois mois d'instruction, les Chambres africaines extraordinaires l'ont inculpé, en juillet 2013, pour "crimes de guerre","crimes contre l'humanité" et "crimes de torture" qui auraient été commis à l'époque où il était au pouvoir, et l’ont placé en détention provisoire.