Esma Ben Said
07 Mars 2018•Mise à jour: 07 Mars 2018
AA/Genève
« Nous avons été les témoins d’un véritable drame », a déclaré mercredi à Genève, Jens Laerke, porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), en référence à la récente attaque du convoi d’aide humanitaire qui se rendait à la Ghouta orientale, sous blocus du régime al-Assad.
Dans une interview accordée à Anadolu, Laerke a exprimé son désespoir face à l’acheminement des convois d’aide humanitaire à la Ghouta orientale, qui subit, depuis des semaines, les bombardements du régime qui ont tué des centaines de civils.
« Mardi, nous avons été les témoins d’un véritable drame », a confié Laerke à propos de l’attaque perpétrée par le Régime, à la Douma, contraignant les véhicules d’aide humanitaire de l’Organisation des Nations Unies (ONU) à faire marche arrière.
« Nous avons été contraints de reculer en raison des bombardements qui ont recommencé dès notre arrivée dans la région. Nous avions pourtant obtenu les autorisations nécessaires à l’acheminement des aides destinées à 70 mille civils. Mardi, nous avons tenté d’atteindre 25 mille civils mais certains camions ont du faire marche arrière. Nous appelons, une fois de plus, à respecter le cessez-le-feu déclaré à la Ghouta orientale », a-t-il martelé.
Christophe Boulierac, porte-parole du Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) à Genève, a déclaré que 400 mille civils vivent dans l’enclave de la Ghouta orientale assiégée par les forces du régime.
Depuis un mois, certaines familles occupent des sous-sols dans lesquels s'entassent jusqu'à 200 personnes, afin de se protéger des bombardements, a-t-il indiqué, avant d’ajouter que les combats en Syrie ont provoqué la mort d’au moins 1 000 enfants depuis le début de l’année.
Dix camions d’aides humanitaires, à destination de la Ghouta orientale, sur un total de 46 ont dû faire marche arrière, mardi dans le district de Douma, a rappelé, mercredi, Laerke à l’occasion de la conférence de presse tenue à l’office de l’ONU à Genève.
Il a ajouté que le personnel participant au convoi humanitaire a dû quitter les lieux, mardi aux alentours de 14h30 (heure locale) en raison des bombardements conséquents sur le district de Douma. Quatre camions qui acheminaient du matériel de survie ont été en partie vidés, a également souligné Laerke.
Rappelant que le dernier convoi d’aide humanitaire à destination du district de Douma remonte au 14 novembre 2017, Laerke a déclaré qu’un nouveau convoi est prévu, jeudi, si le régime al-Assad octroie les garanties de sécurité nécessaires à l’acheminement des aides dans la région.
- Le régime n’a pas respecté le cessez-le-feu
Le 24 février, le Conseil de sécurité de l’ONU avait souhaité qu’un cessez-le-feu quotidien soit déclaré sur l’ensemble de la Syrie et en priorité dans la Ghouta orientale.
Or, les modalités relatives au cessez-le-feu, qui devait être mis en œuvre « sans tarder », étaient restées indécises. À la suite de la résolution du conseil de sécurité de l’ONU, la Russie a déclaré le 27 février, la mise en oeuvre d’un cessez-le-feu quotidien, entre 9 heures et 14 heures (heure locale), avant d’ajouter que le régime se conformerait à cette décision.
- La Ghouta orientale
Environ 400 mille Syriens vivent, depuis maintenant cinq ans, dans la Ghouta orientale sous blocus du régime.
La Ghouta orientale a été déclarée « zone de désescalade » dans le cadre des pourparlers d’Astana en 2017. Mais le régime, dont la Russie est le garant, a renforcé le blocus en avril dernier et les attaques se sont intensifiées au cours des derniers mois.
Des milliers de civils, dont des centaines en situation d’urgence, attendent d’être évacués de la région où la crise humanitaire s’aggrave jour après jour, en raison notamment de la famine et de la pénurie de médicaments qui sévissent.