AA / Tunis / Aïed Amira
Le ministre tunisien des Affaires étrangères Taïeb Baccouche a annoncé, vendredi, la fermeture du consulat général de Tunisie à Tripoli, précisant que cela se poursuivra «jusqu’à ce que la situation se stabilise et que la Libye se dote d’un Etat unifié qui puisse contrôler les milices».
«La décision a été prise à la suite de cet incident grave [enlèvement de dix membres du consulat de Tunisie à Tripoli] et de l’incapacité des autorités libyennes à protéger la représentation diplomatique tunisienne», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à l’aéroport militaire de l’Aouina à Tunis.
Il a souligné que «la situation en Libye ne permet pas l’existence d’une représentation diplomatique», affirmant qu’ «il est inacceptable que la diplomatie tunisienne soit l’otage de tels actes criminels».
Baccouche a en outre indiqué: «Nous traiterons uniquement d’un point de vue politique avec les Libyens afin de parvenir à mettre en place un gouvernement unifié [en Libye]».
Le ministre a par ailleurs prévenu que «tout Tunisien qui se rendra en Libye sans coordonner avec les autorités tunisiennes devra assumer ses responsabilités, et le ministère des Affaires étrangères va publier un communiqué appelant tous les Tunisiens résidents en Libye à rentrer, tous ceux qui resteront là-bas en assumeront la responsabilité».
Selon le correspondant d’Anadolu, 23 membres du corps diplomatique tunisien à Tripoli, dont six parmi ceux qui ont été enlevés il y a une semaine au consulat de Tunisie, sont arrivés vendredi matin à l’aéroport militaire de l’Aouina à Tunis. Le 7e otage est directement rentré chez lui dans le sud tunisien.
«La libération des otages a eu lieu dans le cadre de négociations entre les autorités tunisiennes et celles de Tripoli, après avoir rappelé à Tripoli sa responsabilité internationale dans cette affaire», a dit le chef de la diplomatie tunisienne, précisant que «les autorités libyennes ont contacté les milices qui ont enlevé les employés du consulat et ont fait le nécessaire».
En réponse à une question sur l’extradition du libyen Walid al-Glib, le ministre a démenti toute opération d’échange dans cette affaire. «Je ne sais pas s’il a été libéré ou pas, nous n’avons rien à voir avec cette question, l’affaire est entre la justice libyenne et la justice tunisienne conformément aux accords déjà existants. Nous n’interférons pas dans [le fonctionnement de] la justice tunisienne indépendante», a-t-il lancé.
Il a, dans ce sens, expliqué que les autorités libyennes ont interpellé la justice tunisienne en vertu d’un accord judiciaire déjà établi entre les deux pays [Convention de 1962 relative à la transmission des actes judiciaires, aux commissions rogatoires, à l'exequatur des jugements et à l'extradition- ndlr].