AA/Desk/Esma Ben Said
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a recommandé de réduire de 2.000 hommes -soit 10% environ-, les effectifs de la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monusco), alors même que de nombreuses rébellions éclatent dans l'est du pays, selon un rapport dont Anadolu a eu connaissance mardi.
Tandis que le renouvellement du mandat de la Monusco aura lieu en mars prochain, Ban Ki-moon a préconisé que, même réduite, la force onusienne soit à l’avenir "plus efficace" dans sa mission, selon le document transmis au Conseil de sécurité.
Ainsi, la Monusco doit se transformer en "une force plus mobile et plus agile, capable de prévenir ou de répondre rapidement à des crises", notamment par la mise en place "d'unités rapidement déployables", détaille le rapport.
Le déploiement de la Brigade d'intervention de la Monusco, forte de 3.000 hommes, devrait être prolongé d’une année supplémentaire, recommande encore le Secrétaire général de l’ONU.
La mission de cette Brigade qui est de "neutraliser et désarmer les groupes armés reste en effet un impératif", justifie Ban Ki-moon recommandant toutefois que la Brigade soit "rendue plus énergique" et que les autres composantes de la Monusco "jouent un rôle plus actif dans la protection des civils".
"Le déploiement de la Monusco reste essentiellement statique et passif et certains contingents ne patrouillent qu'en plein jour ou n'ont pas en plusieurs occasions patrouillé dans les zones les plus vulnérables", a déploré le Secrétaire général.
Pour le député provinciale élu du territoire de Beni (Nord-Kivu, Est), Jaribu Muliwavyo, joint par Anadolu, cette réduction de la Monusco pourrait néanmoins faire défaut à un gouvernement "qui ne saura certainement pas gérer les problèmes qui se posent ne serait-ce que dans l'Est du pays (où sévissent plusieurs groupes rebelles)".
« La Monusco a encore une grande mission à assumer au Congo et les opérations conjointes avec les forces armées de la RDC contre les rebelles rwandais par exemple montrent un bilan positif. Nous avons encore besoin d'eux », a-t-il ajouté.
Ces derniers mois, l’Est de la RDC est le théâtre de nombreuses violences et d'attaques de groupes rebelles, à l’instar des rebelles ougandais qui ont tué plus de 200 civils à Béni (Nord-Kivu), selon un bilan fourni par la société civile.
La Monusco présente depuis 15 ans en RDC – baptisé jusqu’en juin 2010 MONUC (Mission de l'Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo) , compte plus de 21.000 soldats et un millier de policiers, essentiellement déployés dans l'Est.