AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Le nombre des combattants français en Syrie et en Irak a plus que doublé en un an et est sur le point d'atteindre 500, a révélé le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.
Auditionné mardi par la ''Commission d’enquête sur la surveillance des filières et des individus djihadistes'' de l'Assemblée nationale, Cazeneuve a noté, ''A ce jour, 457 Français, dont un très grand nombre sont jeunes, sont présents en Irak et en Syrie''.
D'autre part, 1 600 Français sont impliqués ''d’une façon ou d’un autre'' dans les filières irako-syriennes, a-t-il précisé. Cette implication pourrait concerner toute affiliation avec la propagande des organisations terroristes établies au Moyen-Orient ou encore avec leurs sites web, dont 36 ''ont fait l’objet d’une mesure de blocage'', selon Cazeneuve.
Le blocage dit administratif s'inscrit dans le cadre du dispositif numérique dont le décret d'application avait été promulgué le 4 février 2015. La mesure permet à l'exécutif et à toute instance dépendant du ministère de l'Intérieur de bloquer l'accès à un site web faisant l'apologie du terrorisme, sans décision judiciaire préalable.
Revenant sur l'évolution des chiffres par rapport à 2014, Cazeneuve a fait savoir que le nombre total des personnes impliquées dans les filières irako-syriennes connaît une hausse de 203%. Le nombre des combattants français en Syrie et en Irak enregistre lui une augmentation de 104%.
Près d'un tiers des combattants français localisés en Irak et en Syrie, sont des femmes (137 sur 457), d'après le bilan de Cazeneuve. 80 d'entre eux sont des mineurs, dont 45 des jeunes filles mineures.
Une partie des Français partis en Syrie est de retour, a tenu à préciser Cazeneuve. ''Les volontaires ayant quitté la Syrie seraient 278, dont 213 seraient déjà rentrés en France'', a-t-il ainsi détaillé.
Selon le ministre français, il y a des retours encadrés de Syrie vers la France, ''toutes les semaines, parfois tous les jours''.
Le Premier ministre Manuel Valls avait annoncé fin avril la création d'un centre de ''désendoctrinement'' chargé de prendre en charge les jeunes français ''de retour de zones de conflit''.
''Par un accompagnement individualisé, une prise en charge psychologique et un encadrement renforcé, ces jeunes devraient retrouver toute leur place dans notre société'', avait-il souligné.